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20 (1763) La description et l'histoire de l'empire de la Chine. L'histoire et la description du royaume tributaire de la Corée. La description et l'histoire du Japon. La description du pays de Jedso et des isles qui en dépendent. L'histoire du commerce et des établissemens des Européens dans les Indes orientales
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54 a HISTOIRE DU JAPON. Liv. XVI. Ciiap. II.

heures da matin & mirent à la voile, laissant le zélé Missionnaire auxfoins de la Providence. Telle est la Relation de lon voyage, dans la-quelle nous avons supprimé diverses circonstances de la condu.te de TAb-, qui. sentent plus le fanatisme quun zele éclairé. Ce ne fut que septans après que deux Sommes Chinoises porterent au mois de Mai de Tan-née 1716 à Canton la nouvelle de fa mort, voici en substance ce quon enraconte. Que Sidoti étant entré dans les terres, fut'.presque aussitôt reconnu, arrêté & conduit au Mandarin , qui en donna avis à liimpe- reur. Que Prince le fit venir, pour apprendre de lui-même quel étoit le sujet de son voyage; que comme le Missionnaire ne pouvoit pas sexpliquer de maniéré à se faire entendre, on le fit garder à vue par des Soldats, lui laissant la liberté détudier la Langue Japonoise, dont,, i! avoit apporté une Grammaire parmi ses autres Livres (a). On a a-,, jouté fans beaucoup de fondement, dit TEditeur de la Relation, que,, TEmpereur lui avoit donné quatre jeunes Seigneurs de fa Cour, pour leur apprendre la Langue Latine. C est un fait qui paroît assez incertain; mais il est faux quon Tait fait enfermer dans une cage de fer, & quil ait été renvoyé à la garde du Directeur de la Factorerie Hollandoife é-,, tablie à Nangasaki. Le Capitaine Chinois, dont on a appris ce détail, attribue la mort delAbbé Sidoti aux jeûnes & aux austérités quil a,, poussées trop loin. Cependant,continue TEditeur, quelque fideìe que ce récit paroisse, on croit devoir sen éclaircir davantage, & Ton no- fe encore assurer que la mort du Missionnaire soit aussi certaine quon le dit ( b).

Voilà le récit du mauvais succès de cette nouvelle tentative, & quelqueadroitement quil soit tourné par rapport à la mort du Missionnaire, on yvoit assez la vigilance du Gouvernement du Japon à fermer Tentrée deTEmpire à tous les Européens, à la réserve des Hollandois, & à empê-cher ceux-ci d avoir quelque connoissance de ce qui s y passe, ou dendonner des nouvelles. ISJous avons déja VU dans une autre Section, com-blé n ils sent étroitement resserrés dans.les limites de leur Factorerie, &quelles précautions on prend pour quils ne puissent être instruits lemoins du monde de ce qui fe passe à la Cour, ou dans le reste de TEmpire.Quelque grande que soit la tyrannie à laquelle ils sont obligés de se sou-mettre de la part dun Gouvernement jaloux & despotique, qui ne les re-garde que comme des espions & des traîtres, ce nest rien en comparaisonde ce quils au roi en t à craindre sils lui donnoient Je moindre ombrage,ou même le plus léger soupçon ; fans parler de la perte irréparable duncommerce lucratif; cest pour la prévenir, quils souffrent dêtre traités sidurement, & confinés comme des prisonniers & des malfaiteurs. Etpour quon ne nous soupçonne point dexaggération à cet égard, nous fi-nirons cette Histoire du Japon par un pafiage tiré de leur compatrioteKœmpfer , qui navoit aucun intérêt ni certainement aucun dessein de dé-nigrer ses compagnons, ayant partagé leur condition. Voici ses paroles.

La-

(ri) Lettr, Eclts Vol. X. p. 56 & fulv. (A) lliil. Vol, XIII, Préface, p. 13.