AVEC LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Ciiàp. I. 559
Après ces considérations préliminaires, qui étoient absolument ne'cessai- Pourquoires pour mettre le prix de nos découvertes & de nos Colonies dans leur -./-FàAvrai jour, nous pouvons passer avec, plus de courage & de plaisir à l’Hi -ítoire que nous avons entreprise ; mais pour le faire avec ordre, il faut genca ( ; ecommencer par exposer fétat des choses avant la découverte du passage noire sujetpar le Cap de Bon ne-Espérance; & de quelle façon ce commerce se fai- 1 * rocher-soit autrefois par différentes routes, selon les changemens fans nombrecausés de te ms à autre par les fréquentes révolutions qui arri voient par '%sks/in-mi les Nations intéressées à ce commerce, & dans les Pays par lesquels il à Fri-se faisoit-(sl). Cette discussion sera aussi agréable & utile, qu’elle est n q- soient kcessaire; & quoiqu’elle nous engage à remonter à des tems plus reculés Commercequ’il ne semble convenir à une Histoire moderne , cela ne fou.nit point ^ In<ic5 'd’objection solide, st l’on fait attention qu’il n’est nullement hors d’appa-rence, que quelques-unes de ces anciennes routes ne le rouvrent dans lafuite du tems, & que cette Histoire du Commerce ancien ne soit liée ainsiavec des événemens avenir, & ne soit par-là quelque chose de plus queModerne (ô). Ce n’est pas-làja feule raison que nous avons à dire pour notrejustification; car il est possible que Ton retrace & suive les anciennes rou-tes aux Indes, qui font tombées dans l’oubli; & il y a eu des gens qui ontprétendu que les nouvelles routes dont les Portugais & les Espagnols ont sifort vanté Ja découverte, quoique certainement inconnues aux íiecles té-nébreux qui ont suivi la ruine de l’Empire Romain, ne l’ont pas été dansdes tems plus anciens & plus heureux, & que l'on en a des preuvesdans les meilleurs Auteurs (c). Les Partisans de l’Antiquité vont plusloin encore, & soutiennent hardiment qu’il y a très - longtems que l’ona été aux Indes par mer, au moins par deux routes différentes de cellesque nos faiseurs modernes de découvertes ont suivi, avec toute leur ha-bileté dans les Mathématiques (d); ce dont il reste encore des monumens.
Nous croyons donc qu’il est très-nécessaire, pour l’intelligence de ce su-jet, de nous occuper brièvement à rechercher quelles voyes de corres-pondance avec 1 Orient étoient autrefois en usage réellement, & quellesfont celles que 1 on suppose sans raison avoir été pratiquées.
Un examen équitable de ces articles, pour mettre la vérité dans tout Combienson jour, pour découvrir les erreurs, & par lequel on expose les raisons cctu re ' „des deux partis dans les choses douteuses, instruira le Lecteur de plusieurs e flpoints importuns, qui conviennent non feulement à une Histoire Univer- driMoir*selle, mais font absolument nécessaires pour en remplir les vues. II faut Universel «
avouer que quoique futilité d’une pareille recherche dans des'sujets de /c *cette nature soit d’une évidence frappante , la plupart des Historiensfont négligée, ensorte qu’il n’y a peut-être rien de plus difficile que derassembler, pour ainsi dire en glanant, les faits qui se rapportent à ce su-jet, dispersés & enterrés en quelque maniéré dans les Ouvrages de disse-
(«) Hue t, Commerce des Ane. Ch. IX.
(b) Dict. du Commerce, Vol. II. p. 735'733.
(c) Hakiuyt, Pitrchas, Fox, & autres Au-
rens
teurs, qui ont traité du Passage par le Nord-Est, & par le Nord-Ouëst.
Qi) Strabo. L, II. Piin. Hist. Nat. E- IV.C. 17 . Solin. C. 19 .