Autres a-v untâgesqui résul-tent del’Histoirede ce Comruerce.
S 6o HISTOIRE DU COMMERCE DE L’EUROPErens Auteurs, & même à'Auteurs qui ont écrit fur des matières différen-tes (a). Mais quelque pénible que soit cette tâche, nous ne pouvonsnous en dispenser, parcequ’on ne peut espérer de trouver rien de fort sa-tisfaisant dans les autres Ecrivains ; ceux qui font l’Histoire de Nationsparticulières ou d’un certain espace de tems, ne touchent qu’en passant leschoses de cette nature; ou s’ils s’arrêtent à quelque article, cen’estqu’au-tant qu'il a trait au principal but de leur Histoire ; & quant à ceux quise font un plan plus étendu, ils font obligés par cela même d etre plussuccints ; & quoiqu’ils indiquent peut-être un plus grand nombre defaits, ils ne font que les indiquer (b). Mais l’Histoire des découvertesqu’on a faites, des Colonies qu’on a transportées d’un endroit de la Ter-re dans un autre, est un point capital dans une Histoire Universelle , &qui demande un Article à part; & ce sujet bien traité servira à faire voirla vérité des Observations faites au commencement de ce Chapitre , <&le, rapport de l’un avec les autres servira à répandre du jour sur les deux;ensorte qu’un Lecteur attentif sera en état de pénétrer à fonds la véri-table nature du Commerce en général, & de s’affranchir des préjugés& des préventions qui infectent l’efprit de ceux qui puisent leurs idéesfur ce sujet dans les Auteurs qui écrivent fur les affaires d’une Nationparticulière (c) (*).
Outre cette connoissance que l'on acquiert par la lecture d’une Histoirepareille, elle est aussi la véritable clef politique d’un grand nombre d’évé-nemens mystérieux ; on volt par-là les causes de l’aggrandissement d’une
Na*
(d) Evelyn’s Treatife of Navigation and Pline, Athenée &c.
Commerce. (c) Guyon, Hisl. des Indes Orient. P. III,
(b) Aristote, Diodore de Sicile, Strabon, Ch. i-
(*) Le savant Evêque Uuct , qui entreprit j’Hisioire du Commerce des Anciens parordre de M. Colbert , se plaint, en parlant a ce Ministre, de cette négligence en cestermes. ,, Cette raison meme que vous m alléguez du peu de foin que l’on a pris juf-qu’ici d’éclaircir cette matière, est précisément celle qui me fait sentir la difficulté de,, l’cntreprise , & m’en fait appréhender l’événemeut, n’ayant aucun précurseur qui>> roe fraye cette route, ni aucun guide qui m’y conduise, ni aucun appui qui me sou--, tienne.” C’est une chose étrange, & qui en même teins fait beaucoup d’honneurauMinistre François, qu’il ait été le premier qui ait senti la nécessité d’avoir une pareilleHistoire: & ce qu’ll y a de remarquable, c’est qu’il fut conduit à cette idée, commenous le verrons ailleurs, par le plan qu’il forma d’établir une Compagnie des Indes O-rientales en France. 11 fit répandre un Mémoire, destiné à faire voir les avantages dece Commerce, & à lever toutes les difficultés qu’on pouvoit faire; cet Ecrit fut univer-sellement applaudi (i). Mais s’il contenta les autres, il s’en fallut de beaucoup qu’il nefe satisfît lui-même ; & ce fut pour éclaircir ses doutes par l’Histoire de ce qui s’étoitfait autrefois dans ce Commerce, qu’il engagea ce savant homme, encore jeune, à secharger de ce travail, dont il s’esl acquitté fort succinctement, fl l’on considéré l’éten-due du sujet ; & sur bien des choses il donne plutôt des indications qu’il ne les expli-que. C’est donc à ceux qui employent leurs talens à l'éclaircissement de quelque bran-che particuliers de ce Système général , à développer ces articles & à y répandredu jour, à la faveur des lumières que fournissent des recherches postérieures.
(ï) Hist- d-- Ind, Orient. V. III, Ch. r.p. î?, St. où l’on dit que ce Mémoire avoit été rédi-gé par M, Ciiurfaitur.