AVEC LES INDES ORIENTALES. LiV. XVII. Ciux. I. ^
Nation , & de la décadence d’une autre ; celle dés grands char gtirens q Uel’on voit en de certains tems même dans i’extérkur de quelqiu s Pavs , cuiaprès avoir été des Paradis terrestres dans un siecle, ne fort plus que desDéserts dans celui qui fuit (a). On démêle les révolutions qui arriventdans Je caractère de Nations entier es, comment après avoir été inquiètes,ambitieuses , & toujours prêtes à troubler leurs voisins , elles deviennentindustrieuses, pacifiques, & mêrne les protecteurs de ceux dont elles etoientennemies , & comment elles dégénèrent ensuite par degrés & deviennentindolentes, avares & fourbes. On voie qu’il y a des causes naturelles, quifont que le commerce change íi souvent de cours, par quelles raisons’ il feplie quelquefois si bien auxLoix, tandis qu’en d’autres teins il souffre & seruine par les mesures mêmes que Pon prend pour le protéger & pour l’en-courager (bj. Ce font - là fans-contredit des connoiifances vrayement im- *
portantes, fut-tout aujourd’hui, que fans une teinture de cette forte de ?science , l’Histoire peut aisément égarer, & ne peut être d’une grandeutilité (*).
. Nous pouvons encore ajouter, que c’est cette connoiffance qui lie vé- Eiksertiritablement l’Histoire ancienne avec J^. moderne, parcequ’en la possédant^ l’Hif-à fonds , on est en état de distinguer entre les principes fur lesquels fes t0 !’ e *«•grandes Monarchies anciennes étoient fondées, A les maximes fondamen- cicnnetaies des Gouvernemens modernes (c). Une infinité d’exemples prouvent Mode*que lorsque les fermentations caillées par l’ambition des Princes, & parl’animosicé de leurs Sujets, viennent à cesser, le penchant naturel des hom-mes les porte à converser paisiblement les uns avec les autres, & à faireun échange réciproque des biens que la Providence leur a libéralement dis-pensés, quoiqu’en différentes mesures. Nous ne pouvons nous empêcher
de
O' 2 ) Cronrlen en Maxìmen van de Repu- re , advantage and iffiprovement of Tra-blick van Holland, III Deel, Cap. z. de, p. m.
{b) Paxton s Dise. concernmg the natu- (c) Voy. Paul Parut a Dise. Polit. Dise,VI.
(*) On peut se convaincre aisément de la vérité de ce qu’on dit dans ee naraeranheC l’on fait réflexion fur les distérentes fortunes des habitans de Venise. D’abord côtoientdes vagabonds, qui avoient cherché une retraite dans quelqu es ï(k s désertes dispersée»!dans une Mer fort basse, qui subíistoient en partie de la pêche, & en partie de piraterieou en faisant le métier d’.Arroateurs. S’étant ensuite adonnés au commerce, ils devinrentun Peuple bien policé, riche & puislànt: corrompus par la prospérité, ils devinrent tiers& ambitieux , & épuisèrent leurs forces & leurs richesses à faire des conquêtes en terre-ferme; & faute de s’être attachés constamment à ce qui avoir été la source de leur bon-ne fortune , ils la perdirent en grande partie (i). Les Génois ont été autrefois les maî-tres du Pays qu’on appelle la Tartarie Crimée ; son excellente situation fit qu’il fe peuplaextrêmement, & que fes habiíans devinrent fort riches, mais par leur mauvaise conduiteles Génois le perdirent, bientôt le commerce se ruina, & il n’y reste plus à-présent queles débris des magnifiques Palais que ses riches Marchands avoient élevé autrefois (2).
C’est encore le cas de plusieurs grandes villes d'Italíe, qui dans les tems passés étoient Ii-bres & riches, & qui sont aujourd’hui pauvres, désertes & ruinées, en un mot de tristesmonumtns de leur ancienne grandeur. ■ -
(1) Btmbt , Hist. Venet. L. VI. Essai fur le fUt Descripr, de Pukiair.e, p. js. rict. ùcCcm-Commerce , y. JSo. isi nacicc, Vol. II, p.'jSz.
(z) Hist. én Coffim, «iîs àc- p. 24.3. Etnu- ■
Tome VI. Bbbb