DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. VII. 45maximes d’Etat comme ceux des autres Nations, & ceux ont qui négocié Sjïctjoîjavec eux conviennent qu’ils ne manquent ni de génie ni de pénétration. On ne XXIV.regardera pas comme une objection fondée, que depuis cent - cinquante ans Commerceque les Hollandois font établis ici, ils n’ont pu rien apprendre de bien cer- J a P° a -tain de fétendue de f Empire, & de la situation des affaires : cela prouvefeulement que le secret passe chez les Japonois pour faîne de la Politique ;bien-que leurs Ministres ne manquent ni de bon-sens, ni de savoir, ni depolitesse, la demangaison de parler de leurs affaires, & de donner plusde lumières que ne le demandent les motifs qui les font agir, n’eft pointleur foible (*), fans cela nous ne serions pas amTi peu instruits fur cet arti-cle que nous le sommes, nonobstant tant de Descriptions & de Relations desIstes du Japon qui ont paru en différentes Langues, où l’on ne trouve quetrès-peu de chose qui puiste satisfaire (a).
II est vrai que l’on fait certainement que les Pays qui font fous la domi- AlonJan-nation de l’Empereur font dune vaste étendue & très - fertiles, enlorte , cequ excepté la Chine, il n’y a pas de Pays au Monde où l’on trouve en r Jf ìee ! aníplus grande abondance tout ce qui est nécessaire à la vie. D’ailleurs il y 1 hm ï ,re 'a quantité de marchandises précieuses, & de manufactures curieuses. LesArts & les Sciences fleurissent dans l’Empire suivant le goût de la Nation,ensorte que les habitans ne manquent de rien pour la commodité de lavie, ni même pour entretenir le luxe & la magnificence, qui brillent par-tout dans leurs édifices, leurs habits & leurs équipages, & dans tout cequi sert à la distinction du rang parmi les hommes, ainsi que tous les Voya-geurs en conviennent {b). Cela n’empéche pas qu’iî n’y régné un ordre ad-mirable , & une discipline très-exacte, ce qui vient de la sévérité dos Loix & dela rigueur avec laquelle on les fait observer, sans quoi il ne feroit peut-être
pas
(«) Relat. du Japon par Caron, Rec. des (/-) h^anphcr, Tavernier , Chardin, Caron,
Voyag. au Nord. 1 . lu. Cnarkvoix.
f*)]! n’y a pas de Pays au Monde où l’on fasse plus valoir & où l’on entende mieux laraison d’Etat qu’au Japon comme ils feroit aisé de le prouver par une multitude de Faits,d’Ordres, de Sentences, & d’autres Pieces autentiques, que les Missionnaires & quelquesEcrivains Hollandois ont publiées : ces pieces font d’un fille élevé & ampoulé, mais enmême reins clair & énergique, qui ne permet pas de douter à ceux qui les lisent que lesmesures fur lesquelies elles font fondées, ont été prises par de profonds Politiques, quine font point embarrassés de colorer par des prétextes spécieux l'usage violent qu’ils fontde leur autorité, fans laisser pénétrer le secret de leurs Conseils , ni divulguer ce qu’iispensent de maniéré à donner occasion aux Etrangers de fe mêler de leurs affaires. Leurconduite envers les Ambassadeurs de Mncao, le Vaisseau fur lequel ils renvoyèrent leurspronres gens, leurs réponses aux Ambassadeurs de Jean IV. Roi de Portugal, & la ma-niéré dont ils ont fait retomber fur les Hollandois les rigueurs que ceux-ci iéuron't suggé-rées contre les'autres Nations, en font des preuves claires & incontestables ; car fi l’on enexcepte l-i hauteur & l’infoience qui fuit naturellement le pouvoir arbitraire dans tous iesPays, on ne voit rien de barbare dans leurs procédés, ou au moins rien de plus absurdeoudé plus choquant que dans les Manifestes qu’on publie en Europe, pour donner un aird’équitéaux plus criantes injustices (i).
(1) voy. les exemples íwxqwels on renvoyé en divers endroits de cette Histoire.
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