iio COMMERCE, COLONIES &c. DES DANOIS
Section II paroît que les Habitans les reçurent très-bien à leur arrivée ; & cettePlace leur paraissant plus commode pour le Commerce qu’aucune autre oùfies Da ^ n y LÛt quelque apparence pour eux de faire un Etablissement, ils firentnois Jeur des propositions au Naïck , pour obtenir la permission de s établir dans sesgoût pour Etats: elles furent reçues favorablement, & il y a de l’apparence que lesidNaviga Portugais les favorisèrent plutôt que de «'opposer à leur dessin, parcequ’iísà à'c- fouhaictoient d’avoir quelque Forteresse dans le voisinage qui pût les pro-Dequelle téger en cas de danger (a). Au bout de cinq ans, quand le caractère &maniéré les maniérés des Danois furent mieux connues, le Naïck de Tanjour leurvendit ou leur afferma ce Port avec un certain district aux environs, pourPanais se la lbmme annuelle de deux-mille P ardues., qui fe payent encore, & enfont établis 1621 ils y bâtirent une Forteresse régulière pour la défense du Port & dedans le la Ville (b). Voilà la meilleure,Relation que nous puissions donner duFays (U p re mier Etablissement des Danois fur cette Côte, qui répondoit assez auxlanjour. yu£S ( j e j a Compagnie, & qui par degrés est devenu plus important (c) (*).
Ils
(«) Commerce des Danois aux Indes, riente, p. 67.p, 25. (c) Histoire des Indes Orientales, T. III.
(bj Gesta & Vestigia Danorum in O- p. 77.
te de Coromandel, jusqu’à Sadrnspatan. La partie intérieure du Pays vers l’Est portoitle nom de Royaume de Carr.ate, au Nord-Est duquel est le Royaume de Colonne, &au Nord-Ouëst celui de Filìajmr ; àl’Ouëst jusqu’aux montagnes de Gâte,font les terresde quelques Rajahs indiens ; au Sud-Ousst est un petit Pays dans les terres qui appar-tient au Naïck de Chiia, & à l’Ouëst & au Sud-Ouëst de celui-là est le Royaume deMaifour (1). A l'égard des petits Royaumes de la Côte de Malabar, démembrés de cetEmpire, ils étoient fondés iongteras auparavant, ainsi il n’est pas nécessaire d’en par-ler. Mais il faut remarquer que le fameux Aureng-Zcb conquit Golcondeen 16S7, de mê-me que le Visiapour, le Carnate & le Pays de Gingi, qui ne font plus que des Provin-ces de l’Empire du Mogol; mais les Souverains de Tanjour & de Maduré, qui ont de-puis iongtems pris le titre de Rajahs, ne sont que tributaires (2). Mais il y a encore unepuissante Monarchie Indienne, qui est celle des Marattcs , dont le Roi est très-formida-ble ; Sa/ara proche des montagnes est la Capitale; ce Prince semble être indépendant,& est le plus puissant de tous les Princes Gentils (3). S’il est descendu des Empereursde Bifnagar, dont il possede une partie des Etats, c’est ce que nous ne pouvons dire. LeLecteur peut voir par ce détail, comment les Européens établis fur ces Côtes ont eu endivers tems des Seigneurs différais, à le réserve des Danois, qui sont encore .commeilsl’ont toujours été, tributaires du Souverain 'de Tanjour, soit qu’on rappelle Naïck, Ra-jah, Prince ou Roi, car les Voyageurs lui donnent tous ces titres, suivant le tems qu’ils
ont eu occasion d’en parler, , , „ _
(*) Le titre de Naïck signifie également Gouverneur & Commandant en Chef, en sor-te qu’il parolt équivalent à celui de Hacha chez les Turcs f4). Selon toutes les apparen-ces ces petits Souverains le conservèrent tant qu ils eurent quelque sujet d’apprébenderque les Monarques de Bifnagar ne rentrassent dans leurs droits, mais quand ils n’eurenrplus rien à craindre, ils ne firent pas difficulté de fe qualifier Rajahs. Comme ils so u .haittoient fort de faire fleurir le Commerce, & qu’iis voyoient qu’il fuivoitnaturellementles Européens par-tout où ils avoient des Etablissauiens, ce fut un trait de sage politi-que au Naïck de Tanjour d’engager les Jésuites Portugais à bâtir une Eglise à Tranque-
bar;
( 1 ) Voyez la Carte des Côtes de Malabar &dî Coromandel à la tête ûu prunier volume de1 Ouvrage du T Norbert.
[ 1 ) Gujm, Iiilt. des Ind. Orient. T. I. p- 337-
( 3 ) Hamilto’ÏS' Account of the Eaft Indies,Vol. 1 . p. Z0I. Guyon, ubi fup. T. Ul. p.27?,(*) Mttíiota’s Relation.