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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. IX. 149

cautions possibles pour la faire réussir , donnant le commandement en s ECTI0HChef au Capitaine de Beaulìeu. U partit de la rade d e Honjìeur, le 2 dOc- 1.tobre 1619, avec trois Vaisseaux ; le Montmorency de quatre-cens-cinquan V ramensre tonneaux, avec cent-foixante-deux hommes , vingt-deux canons , &

Vingt fauconneaux ; V Espérance de quatre-cens tonneaux, cent-dixfept hom- ç u ir^ s .nies, vingt-six canons & vingt fauconneaux ; & YHermitage , Yacht da- Vvis, de foixante-quinze tonneaux, trente hommes, huit canons, & huitfauconneaux ; tous trois avictuaìllés pour deux ans & demi. Nous avonsune ample Relation de ce voyage dressée fur les mémoires de Beauìieu,

& ceíl un voyage très-curieux & instructif;' on y voit, que comme ce-toient de bons Vaisseaux , & bien montés, le voyage fut aussi conduitavec beaucoup dhabileté & dadresse, & que lon trouva moyen déchar-ger bien les deux plus gros à Achen dans f Iíle de Sumatra Ça). Us nelaissèrent pas davoir du malheur , ['Espérance sétant perdu fur la Côtede Java, ou, comme le Commandant eut de forces raisons de le croire,avant été coulé à fond par les Ilollandois avec tout Féquipage & toute lacargaison , qui valoit entre soixante-dix & quatre-vingt-milie Livres ster-ling ; quoi qu il en soit de Beauìieu revint heureusement avec son Vaisseau, &_ 'arriva au Havre-cle-grace le premier Décembre 1620 Çb) (*).

Ce malheur, & lappréhension den essuyer dautres pareils, déterrai- FJk mr-nerent la Compagnie à fe borner à lIsle de Madagascar, dans lefpé- nefs v «' srance que si elle pouvoit y former une puissante Colonie, elle pourroitBi c ° ^ !Ì1contribuer à faire réussir de nouvelles expéditions aux Indes ; mais par ^ H *une fuite de malheurs L par une mauvaise administration, dont nous ne â'«à»s.fatiguerons pas le Lecteur, fes espérances furent aussi trompées, & tous k Commis -les retours quelle reçut ne findemniferent pas des dépenses absolument s s; Snécessaires pour maintenir cet Etablissement (c) ; enforte quau-lieu de con- 111 eS *tribuer au succès de Ion premier dessein, il ne servit quà épuiser ses fonds,à décourager ceux qui étoient à ion service, òc à decréditer son entre-

prì-

(s) Voyages du Gén. de Jìenulim,p. ny. (c) Relation de Fr. Cauche de Rouen,

{b) Th.venoí ,Relations Curieuses, P. 11 . cn lifle de Madagascar &c.p. 123.

(*) Ce fut proprement la Guerre Civile qui salluma en France qui arrêta les succès decette Compagnie, mit les intéressés hors détat de fournir les sommes nécessaires pour lasoutenir, & détourna lattention du Ministère fans le concours duqueí elie ne pouvoit sub-sister. Ce fut alors que quelques Négocians de Normandie voulurent semparer des privi-leges de la Compagnie, & de- vint le premier projet de faire un Etablissement dans fillede Madagascar, ainsi que nous rapprenons dun Auteur qui y fut sort intéressé, L dontle voyage nous fournit des lumières fur plusieurs circonstances (r) que dautres Ecrivainstâçhent de déguiser, comuie par exemple le mauvais procédé des François envers les In-lairts, qui donna sans-doute mauvaise opinion de toute la Nation, & le métier dAr-niateurs quils firent dans la Mer Rouge (2); ces deux fautes devinrent de plus enplus sensibles en ceux qui leur succédèrent, bien-qu'ils suivissent un meilleur plan, &que pendant un teins' ils luisent mieux soutenus, ce qui les rendoit dautant plus in-excusables.

(1) Relat, de Futifiii Gauchi de Rouen &c. (z) Hist. de U grande Isle de Madagascar paJ

1 e Sr. Dt FUwxrt, p, 20$,

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