DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. IX. 149
cautions possibles pour la faire réussir , donnant le commandement en s ECTI0HChef au Capitaine de Beaulìeu. U partit de la rade d e Honjìeur, le 2 d’Oc- 1.tobre 1619, avec trois Vaisseaux ; le Montmorency de quatre-cens-cinquan • V ramensre tonneaux, avec cent-foixante-deux hommes , vingt-deux canons , &
Vingt fauconneaux ; V Espérance de quatre-cens tonneaux, cent-dixfept hom- ç u ir^ s .‘nies, vingt-six canons & vingt fauconneaux ; & YHermitage , Yacht d’a- V —vis, de foixante-quinze tonneaux, trente hommes, huit canons, & huitfauconneaux ; tous trois avictuaìllés pour deux ans & demi. Nous avonsune ample Relation de ce voyage dressée fur les mémoires de Beauìieu,
& c’eíl un voyage très-curieux & instructif;' on y voit, que comme c’e-toient de bons Vaisseaux , & bien montés, le voyage fut aussi conduitavec beaucoup d’habileté & d’adresse, & que l’on trouva moyen déchar-ger bien les deux plus gros à Achen dans f Iíle de Sumatra Ça). Us nelaissèrent pas d’avoir du malheur , ['Espérance s’étant perdu fur la Côtede Java, ou, comme le Commandant eut de forces raisons de le croire,avant été coulé à fond par les Ilollandois avec tout Féquipage & toute lacargaison , qui valoit entre soixante-dix & quatre-vingt-milie Livres ster-ling ; quoi qu il en soit de Beauìieu revint heureusement avec son Vaisseau, &_ 'arriva au Havre-cle-grace le premier Décembre 1620 Çb) (*).
Ce malheur, & l’appréhension d’en essuyer d’autres pareils, déterrai- FJk mr-nerent la Compagnie à fe borner à l’Isle de Madagascar, dans l’efpé- nefs v «' srance que si elle pouvoit y former une puissante Colonie, elle pourroit ‘Bi c ° ^ !Ì1contribuer à faire réussir de nouvelles expéditions aux Indes ; mais par ^ H *une fuite de malheurs L par une mauvaise administration, dont nous ne â'«à»s.fatiguerons pas le Lecteur, fes espérances furent aussi trompées, & tous k Commis -les retours qu’elle reçut ne findemniferent pas des dépenses absolument s s; Snécessaires pour maintenir cet Etablissement (c) ; enforte qu’au-lieu de con- 111 eS *tribuer au succès de Ion premier dessein, il ne servit qu’à épuiser ses fonds,à décourager ceux qui étoient à ion service, òc à decréditer son entre-
‘ prì-
(s) Voyages du Gén. de Jìenulim,p. ny. (c) Relation de Fr. Cauche de Rouen,
{b) Th.venoí ,Relations Curieuses, P. 11 . cn l’ifle de Madagascar &c.p. 123.
(*) Ce fut proprement la Guerre Civile qui s’alluma en France qui arrêta les succès decette Compagnie, mit les intéressés hors d’état de fournir les sommes nécessaires pour lasoutenir, & détourna l’attention du Ministère fans le concours duqueí elie ne pouvoit sub-sister. Ce fut alors que quelques Négocians de Normandie voulurent s’emparer des privi-leges de la Compagnie, & de-Ià vint le premier projet de faire un Etablissement dans fillede Madagascar, ainsi que nous rapprenons d’un Auteur qui y fut sort intéressé, L dontle voyage nous fournit des lumières fur plusieurs circonstances (r) que d’autres Ecrivainstâçhent de déguiser, comuie par exemple le mauvais procédé des François envers les In-lairts, qui donna sans-doute mauvaise opinion de toute la Nation, & le métier d’Ar-niateurs qu’ils firent dans la Mer Rouge (2); ces deux fautes devinrent de plus enplus sensibles en ceux qui leur succédèrent, bien-qu'ils suivissent un meilleur plan, &que pendant un teins' ils luisent mieux soutenus, ce qui les rendoit d’autant plus in-excusables.
(1) Relat, de Futifiii Gauchi de Rouen &c. (z) Hist. de U grande Isle de Madagascar paJ
1 e Sr. Dt FUwxrt, p, 20$,
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