DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. IX. 157
tatìon des Hollandois à Batavia (a). En.‘attendant ce grand Ministre Sectionpensoit à assurer.de plus grands avantages à la Compagnie, & qui fussent 11 .de nature à rendre le. Commerce .tel qu’il falloir pour répondre mieuxau titre qu elle pprtoit ; parcequil lentoit tres-bten que, quoique Ion dit [ c c. deactuellement, les François ne seroient pas longtems lans se plaindre que la Richelieunouvelle Compagnie des Indes n’en avoit encore rien apporté. On lui b M.présenta divers projets pour seconder ses vues à cet égard, pluíìeurs A van- Calb£rt ' _turiers'hardis s’offrirent avec de magnifiques promesses.; mais bien-qu’iì prîtles uns, & qu’il encourageât les autres, le prudent Ministre, qui savoit dequelle conséquence il étoit de choisir .un bon plan, .& des personnes capa-bles de l’exécuter, ne se précipita point à prendre dé parti; en effet il ap-prenois tous les jours par expérience, que quoi qu’il en fût en d'autres Pays,il n’y avoit pas d’entreprise plus difficile que d’établir une Compagnie desIndes Orientales en France, bien-qu’il fût soutenu de T autorité du Roi, &de l’opinion avantageuse que la meilleure partie de la Nation avoit de lui, .&qu’il n’eût ni rivaux ni ennemis- qui le traversassent (b) (*).
Après mûre réflexion, & avoir consulté avec ceux qui étoient à la tête Elle c».des affaires de la Compagnie, on résolut en 1667 que quelques Vaisseaux trsprml^iroient de Madagascar aux Indes, & que l’on remettroic le'foin d’y faireun premier Etablissement à deux personnes très - habiles, que l’on avoit
ré-
(V) Híít. de la Comp. des Indes, p. 38,39. O) Hist. des Indes Orientales, T. III.liûbbn , Méthode pour, apprendre la Géogr. p. 135.
T. II. p. 24L, 249.
(*) Aujourd’hui peut-êtrè ón peut découvrir quelques erreurs dans le plan de M. Col-bert , ou en indiquer certains défauts; mais ceux qui examineront les choses fans partiali-té, reconnoîtront qu’il étoit difficile tje les appercevoir íinon par l’événement, & en cecas-là il est hors de blâme. Son projet étoit vaste, car il avoit dessein de porter le fondsde la Compagnie des Indes Orientales de France jufqu’à quinze millions de livres, dontle Roi en auroit fourni neuf, & les intéressés six (1); c’étoit-là un grand encouragement,
‘car dans les autres Pays l’Etat n’a jamais sien fourni que son appui & fa protection. IIt'oncevoit parfaitement les avantages que la Compagnie Hollandoise retiroit de son Eta-blissement de Batavia; mais il se peut qu’il eût de trop hautes idées des avantages qu’ilefpéroit de l’Etablissement des François à Madagascar; avec cela la patience, l’industrie &l’œconomie auroient pu porter les choses bien loin, & justifier en grande partie ses espé-rances les plus flatteuses. Mais touc cela manqua; & comme tout le plan de fa Compa.gnie portoit fur cette Colonie, le mauvais succès fut en quelque façon fatal; & ce futu-re fâcheuse extrémité pour une nouvelle Compagnie d’être obligée de recommencer, a.près avoir dépensé une grande partie de son fonds. Cependant, comme on le volt, ií neperdit pas courage, & forma un nouveau plan, qui montra fa grands capacité, & dont iltenta l’exécution avec beaucoup de vigueur (2); mais les obstacles qu'il rencontra, étoientinvincibles; les meilleurs instrumens qu’il pût employer étoient au-dessous de l’entrepri-■së; & les autres Nations Européennes étoient si bien établies aux Indes, que les Etran-gers n’avoient que peu d’apparènce d’y réussir, quand même ils auroient conduit leurs affai-res avec toute la circonspection & tout le ménagement possible : or il n’y avoit que le tems& les événemens qui pussent en instruire, & le plus pénétrant de tous les Politiques nepouvoit le prévoir.
(r) Relation de 1’EtabHfiement de la Compagnie (1) Guyon, Histoire des Indes Orientales , T,françoise pour 1e Commerce des Indes Orient, p. 5 , III p. tt 37> n2.
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