158 CONQUETES, ÉTABLISSEMENS &c. DES FRANÇOISSection récemment pris.au service de la Compagnie. Le premier étoit M. Car art ,dont nous avons déja eu occasion de parler plus d’une fois ; il étoit négi!iesfins François, mais il avoit été pendant plusieurs années au service des Hollan-le C. de dois, étoit parvenu à être Président au Japon, où il avoit eu des difgra-Richelieu ces par les raisons que nous avons rapportées ailleurs ; n’ayant pas été re -éf â compensé comme il croyoit le mériter, il quitta le service de la CompagnieCo ber( ~ Hollandoise, & retourna en France dans un tems où l’on avoit besoin d’unhabile homme comme lui, desorte qu'on le caressa & l’employa ( a ). Le se-cond étoit M. Marcara Avanchinz , natif d’Ispahan en Perse, & apparentéà plusieurs personnes du premier rang de cet Empire, auffi-bienqu’àd’autresqui avoient des Gouvernemens & qui occupoient des Emplois considérablesaux Indes, desorte que la Compagnie avoit de justes raisons de beaucoup es-pérer de la capacité & de sexpérience'de ces deux Mesiìeurs (/;) (*).
(a) Hîíí. de la Compagnie des Indes,p. 40, 41,
(L) Hist. des Indes Orientales, 1, c, p,
136 , 137.
(*) Le grand obstacle à cet Etablissement, étoit qu’on manquoit de gens capables, M,Colbert le sentoit bien, & il fit tout ce qui lui étoit possible pour suppléer à ce vuide, &beaucoup plus môme qu’on n’auroit cru nécessaire, fi l’événement n’avoit fait voir quetouc ce qu’il avoit fait n’avoit gueres dé rien servi. íl remarqua qu’il y avoit un certaincourage dans les Etats libres, qui se communiquoit aux Compagnies, & leur inspiroitla résolution & la confiance nécessaires pour les entreprises les plus hardies. II y substi-tua ^attention Royale, & l’affection paternelle de sa M. T. T. C. qui par amour pour sesSujets contribua non feulement de grosses sommes pour le fonds primitif de la Compa-gnie, mais se chargea de teins à autre des pertes, pour que les intéressés ne se découra-geassent pas par ìes contretems, auxquels les nouveaux Commerces font toujours su-jets (ij. U lávoit qu’on trouvoit toujours en Angleterre'6t en Hollande un grand nom-bre de personnes bien fournies d’argent & de riches Marchands, desorte qu’il y avoit euune espece d’émulation pour souscrire dans le tems de l'Etablissement des Compagnies desIndes. Comme cette ressource manquoit en Frauce, il eut recours à l’influence d u Roi& du Ministère, & par-là il engagea les principaux Seigneurs, & les personnes les plusopulentes de la Nation à concourir à son projet, pour faire leur cour à ceux qui l’avoientvéritablement à cœur; &pour ce qui est des Négocians qui étoient disposés à y entrer,il les fit entrer dans la direction, & pour rendre cet arrangement plus général il fit, ài’exemple des Holìandois, plusieurs Chambres ( 2 ). II comprit que dans les Pays mariti-mes l'air d’indépendànce, & le désir de parvenir au crédit qui naît naturellement du bien,étoit encore un puissant motif qui faisoìt prendre part à des entreprises de cette nature.Pour contrebalancer cela , il fit faire des promesses réitérées, que le Roi regarderoit d’unœil favorable ceux qui se distingueroient d’une façon louable soit dans la direction des af-faires de la Compagnie, soit dans son service, & qu’il leur accorderoit des titres & deshonneurs qui passeroient à leur postérité (3). Mais au - lieu que les Compagnies An-gloise & ■Hollandoise conduisoient elles-mêmes leurs affaires, & n’étoient jamais embar-rassées à trouver des personnes pour remplir chaque poste, M. Celhert avoit la peine dechercher par-tout des Agens, & étoit obligé de les prendre fur des recommandations, fon-dées plutôt fur la bonne opinion que fur i’expérience ( 4 ). II fut aussi réduit à recevoir& à encourager des Avanturiers & des Déserteurs, qui se donnoierit pour gens propres àle servir, & que l’on n’avoit pas voulu recevoir ailleurs, ou qui avoient abandonné léser»
( 1 ) HlstOìie de la Compagnie des Indes, p.lì) ttisr. des Indes O fient, T, III. p. r-;.
Vi-
fs) Relation de l’Etablissemeut de la Compa-gnie Siançoiíe oc C.
(Vl Essai fur la Mâtine 8e fui le Commerce*.
p. tL»,