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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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i§2 CONQUETES, ETABLISSEMENS &c. DES FRANÇOISSfiCTiON Avant ce tragique accident, la nouvelle Compagnie avoit commence' sse dégoûter de son Etablissement de Madagascar , principalement, ainsimúìífous quelle lavouoit, _à cause de la mauvaise administration de ceux qui étoientk c. de à la tête des affaires ; & réellement, parceque le Pays étant fertile, agréa-Richelieu ble, & excellent pour la chasse & pour dautres divertissemens, les Colons& M. sy jivroient entierement, fans sembarrasser des conditions fous lesquellesC° lbert ils y avoient été transportés. On trouvoit aisément tout ce qui étoit-La Com - ceíîàire pour les besoins & f agrément de la vie, & les habitans comptoientpagaie quen se le procurant ils agisloient pour leur intérêt, & ne vouloient pas«bandmme p e p r i ver à ce qui se présentoir, ni se donner de la peine pour le ser-ihil," vice de la Compagnie: cest ce qui la détermina de prier le Roi de Vouloirh Rétablit reprendre cette Ille, comme il fit par son arrêt du 12 Novembre 1670 (a),à Surate. On quitta donc lIste Dauphine, & lon transféra la principale résiden-ce de la Compagnie à Surate, le Roi accorda aux Officiers de nouveauxpouvoirs & de nouveaux privilèges, dont la Compagnie eut lobligationà M. Coìbert , aussi-bien que de lexemption de tous droits, & de tout enun mot ce qu elle pouvoit raisonnablement demander, pour encourager &faire fleurir, sil étoit possible, un Commerce quil avoit si fort à cœur (Ç);& cela. fans autre motif, sinon quil le croyoit avantageux & honorable auRoyaume, dont le bien étoit le grand objet de son Ministère (*).

Mais

(0) Hist. de la Compagnie des Indes, p. (/;), Vie de J. B. Coìbert. Hist. des Indes74, 75. Orient. T. III. p. 150.

pagnieHollandoise perdit un dangereux & implacable ennemi, les Employés de la Com.pagnie de France se virent défaits d'un homme quils haïssoient & craignoient, & M. Colber t perdit un homme qui lui avoit fourni de grandes lumières, & quiauroitpu peut-être lui être encore fort utile; car quelques fausses démarches quil y ait pu faire, on nepeut contester quil neût acquis par une expérience de vingt-deux années au service desHollandois, une connoissance plus étendue du Commerce des Indes, que nen avoit au-cun de ceux quil laissa après lui dans le service de la Compagnie de France; cest ce quiparus bien parla confusion les affaires tomberent après fa mort (r).

(*) Le Roi avoit cédé rifle de Madagascar en propriété à la Compagnie, avec la re-devance à chaque mutation deRoidune Couronne & dun Sceptre dor, du poids de centmarcs; le dessein de labandonner ne fut nullement du goût de M. Coìbert son protecteur;quoique fur les instantes prières de la Compagnie il engageât le Roi à accepter fa renon-ciation , ne doutant point quelle ne sapperçût bientôt de Timprudence de cette démar-che, A quelle ne redemandât ce quelle cédoit. Mais les Directeurs penfoient tout au-trement: ils fa voient par expérience, que leurs Colonies leur étoient feulement à charge,fans aucun profit; & que nonobstant tous les changemens quils avoient pu faire, ceuxqui étoient à la tête préféroient leurs intérêts & leur plaisir à leur devoir; & que dans letems quils sattendoient que la Compagnie fît tout pour eux, ils ne vouloient rien fairepour la Compagnie : ce fut par ces raisons quelle persista , comme nous le verronsdans la fuite, à refuser la propriété de cette Isle, quand on la lu?offrit de nouveau.Mais bien-que ies Directeurs eussent raison, fondés fur des faits, & fur une grande ex-périence, M. Coìbert ne. fe trompoit pas néanmoins, comme le tems la pleinement ju-stifié, & comme on le verra dans la fuite de ce Chapitre. La feule erreur, si encoreelle étoit de lui & non de M. Charpentier , cétoit la supposition que Madagascar pou-voit servir commodément comme de centre pour le Commerce dez Indes, de la mêm e

fa-

(j) Hist, de la Compagnie des Iadeí, p, 40,