DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. IX. iggMais tout cela ne servit de rien : nonobstant tant de faveurs accumulées, j] Szcrmyétoit de plus en plus visible que les affaires de la Compagnie étoient en mau- II.vais état, & que fans un prompt remede elles tomberoient dans un désor- 'dre total. On convoqua alors une Assemblée générale de tous les intéres- fccïJe*sés à Paris, devant laquelle on exposa le véritable état des choses. M. Col- Richelieuhcrt en fit faire rapport au Roi, qui donna une Déclaration du 13 Septem- 6? M -bre 1675, quiportoit , qu’il seroit fait une répartition de dix pour cent à Cotbert ‘tous les intéresses qui auroient payé les sommes pour lesquelles ils avoient Sam iepris part au fonds capital (a) ; que ceux qui n’avoient pas achevé de payer, concoursauroient jusqu’au premier de Juillet 1676 pour le faire, auquel cas il leur du Roi sesseroit précompté dix pour cent pour leur tenir lieu de répartition ; que affairesce qu avoient fourni ceux qui ne payeroient point, accroîtrait le fonds dela Compagnie; enfin, que vu les pertes que la Compagnie avoit souffer- désordre ,tes, Sa Majesté la déchargeoit des quatre millions qu’elle lui avoit avan-cés , fans quelle fût tenue d’en restituer rien (/;)• Cette générosité extra-ordinaire du Roi fut suivie Tannée cTaprès d’une nouvelle faveur, quiauroit été accordée plutôt sans supposition des Fermiers-Généraux ; ce futun Arrêt, qui exemptoit de tous droits d’entrée & de sortie les marchandi-ses achetées aux ventes publiques de la Compagnie, à l’exception de cel-les que l'on transporterait à Lyon, qui cependant payeroient seulement lequart des droits d’entrée, & ceux de la Douane de la ville. Telle fut la ^situation de la Compagnie, & telles les grâces réitérées qu’elle reçut durantles dix premieres années de son Etablissement, par où nous voyons qu’il n’y ■eut que la protection du Roi qui l’empêcha de tomber (c).
Sur la fin de Tannée 1681, quelques particuliers ayant fait connoîtr e Elle âe~-qu’ils étoient disposés à faire le Commerce des Indes à leurs risques , s’ils mandepouvoient obtenir des permissions ; & la Compagnie ayant fait représen- Raccorderter au Roi, que cela pourrait lui être avantageux, si elle avoit le pouvoird’accorder de telles permissions, le Roi ajouta encore cette grâce aux au - 'pârtiJ-*tres, & permit aux particuliers le Commerce des Indes aux conditions fui- u erS .vantes: Qu’ils fe serviraient des Vaisseaux de la Compagnie, tant pour lepassage des personnes & des marchandises, que pour le retour ; qu’ils paye-roient pour les unes & pour les autres le prix du fret dont on seroit con-venu avant le départ ; que les marchandises qui viendraient en retour se-raient vendues publiquement avec celles de la Compagnie, à l'exception desperles, diamans & pierreries, qui seraient rendues aux particuliers ; que des
au-
(«') Hist. de la Compagnie des Indes. f c) Hist. de la Compagnie des Indes,
T. III. p. 71. k>. 224, 2Z9, 342.
(*) Dictionu. de Connu. T. I. Col. 1350.
faço u que Batavia fervoit aux Hollandois, au-lieu que, quoiqu il fût nécessaire de s’asiforer un Etablissement, ce deroit être dans une toute autre vue, & que Madagascardevoit plutôt être considéré comme le Cap de Bonne-Espérance (1) , ainsi que nous*Urons occasion de le montrer dans la fui te.
(1) Lmllicr, Voyage àu- les Indes Orient, p. 17,
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