DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. IX. 165
que l’on donneroit à ces Officiers des appointemens convenables ; que Jes SectionA ctionnaires qui n’auroient pas fourni leur quart en-ius, seroient déchus til-des intérêts & Actions qu’ils avoient, & que ceux qui à leur défaut paye-roient cette somme en deux années fans intérêts, seroient subrogés à leurs buru^crî-droits. Ce Règlement fut confirmé par une Déclaration du Roi, du mois -à * 1*de Février 1685, où le Roi laisse à la Compagnie la liberté de garder enSouveraineté fille Dauphine, ou de la lui remettre, comme elle avoit fait gwg< ^ g ‘en 1670; bien-qu’elie eût encore l’option, elle n’hésita pas, après mûre dé-libération, de l’abandonner totalement, & son renoncement fut homologuépar Arrêt du 3 Juin 1686 (a).
L’année suivante on ajouta huit nouveaux Directeurs, par un motif fort Nouveauxlouable, qui étoit de grossir les fonds de la Compagnie; car ces nouveaux Dh-ecteursDirecteurs dévoient payer quarante-mille livres, s’ils avoient déjavingt-mil- m,le livres d’Actions dans la Compagnie, & foixante-mille livres, s’ils n’en ^- kTsfnfs!voient point; ces sommes, jointes à celles que les intéressés avoient four-nies , grossirent tellement les fonds de la Compagnie, que les gens mêmesles plus habiles conjurent de grandes espérances, qu’après tant de contre-tems le Commerce s’établiroit enfin fur un fondement solide ; & ces espé-rances n’augmenterent pas peu par la répartition qu’on fit cette année-là&en 1691, qui alloit en tout à trente pour cent. Mais cette belle perspecti-ve disparut bientôt, & fit place à des présages, qui étoient mieux fondés,
& don t une nouvelle politique, qui prévalut en France, fut la source. Jus-qu’ici la Cour avoit fait servir son autorité uniquement à protéger & à en-courager le Commerce de la Compagnie, nonobstant des pertes & des dis-grâces réitérées; tout d’un coup,lorsque ce Commercecommenjoit à rendre,la Cour se servit de son autorité pour le resserrer ; & la conséquence fut,de faire voir clairement, que quelque difficultéqu’il y eût à Rétablir, il n’yavoit rien de plus aisé à un Ministre que de le ruiner, par des mesures malentendues & hors de saison (b).
Pour bien entendre ceci, qui est un des points les plus importans de l’Hi- La Courstoire du Commerce de France, il faut savoir, que voyant que les étoffes change debrochées d’or ou d’argent, & les toiles de coton peintes étoient du meilleurdébit, la Compagnie se mit dans ce Commerce, par lequel elle faisoit un umqueiegain considérable ; & pour encourager les Ouvriers de France, elle faisoit Commercevenir des toiles de coton blanches, qu’elle faisoit peindre à la saxon des In- commencedes ; ce qui faisoit qu’elle pouvoit choisir les patrons, & quand le Public é- à fl eurir -toit las d’une forte, elle ranimoit son goût par une autre. Par ce moyenelle soutint le débit de ces marchandises, & comme il augmentoit fans cesse,les Manufacturiers du Royaume se plaignirent hautement qu’on les sacri-fioitàdes Etrangers ,& dirent que si l’on n’empêchoit d’abord J’entréedecesétoffes de foie & de ces cotons, ils seroient tous réduits à mourir de faim.
Là-deffus le Roi rendit un Arrêt le 27 Janvier 1687, par lequel les toilespeintes étoient défendues, & la Compagnie eut bien de la peine à obtenir
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OO Hist. des Indes Orientales, T. III. (J>) Histoire de la Compagnie des Indes,
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