DANS LES INDES ORIENTALES. Lìv. XVII. Chap. IX. x 6 9
Ils traitèrent donc avec M. Jour dan , riche Marchand, & ce Traité fut Sbctkwhomologué par un Arrêt du Roi. Jourdan équipa un Vaisseau nommé m.Y/Imphitrite, qui partit en Mars 1-698, & fut de retour le a d’Août 1700avec une riche charge. Le íucces de ce premier voyage encouragea ce / ;!ù . !ecréAMarchand & ses Associés -de renvoyer le même Vaisseau une seconde dit de hfois, comme ils firent au Printems de 1701 ; il revint au mois de Septem- Cowpa-bre 1703 avec la rnême fortune, quoiqu’il eût pensé périr au sortir de sliií ^ c ‘Canton (a) (*). Ce bonheur auroit dû naturellement établir cette nou - Q, m p a .velle Compagnie sur un pied solide, mais la guerre où la France íe trou- gnic 'de lava engagée contre presque tous les Princes de l’Europe, rendit la chose Chine,impossible. Les privilèges de la Compagnie demeurèrent donc encore inu-tiles, bien-qu’elle fût toujours en posseíîion de ses droits, qui s’étendoientjusqu aux Côtes de la Chine, de Tonquin, de la Cochinchine, & les Is-les adjacentes ; ou, pour dire la chose en d’autres termes, qui donnerontpeut-être des idées plus justes, tous les autres Sujets de France étoient ex-clus du Commerce de ces Pays, en faveur d’qne Compagnie qui n’avoit ja-mais
(s) H rit. de la Compagnie des Indes, p. 113.
Fâcheux, sont des principes si naturels de décadence & de ruine, qu’on ne doit plus êtresurpris que la Compagnie Françoise des Indes Orientales fût réduite à la derniere ex-trémité ; il y a plutôt lieu de s’étonner qu’elle fût encore en état de se traîner, tandisqu’il n’entroit rien pour les Directeurs, & qu’elle n’avoit d'autre fonds pour l’avenir quedes espérances flatteuses (1).
(*) Ceux qui ont fait l’Histoire du Commerce de France, parlent de plusieurs Compa-gnies pour faire celui de la Chine, dont il est nécessaire de donner quelque connoissariceau Lecteur. La premiere se forma en r66o, par les soins d’un riche Marchand de Rouen,nommé Fcrm/mel, qui s’associa plusieurs personnes de condition, sous le spécieux pré-texte que leur grand objet étoit de transporter des Prélats nommés par le Pape, pour tra-vailler à la conversion des Infidèles (2). Tout le fonds de cette Compagnie se réduisità cent-quarante-mule livres, dont M. Fermanel en fournit quarante-mille. II est incer-tain si cette Compagnie obtint du Roi des Lettres confirmatives de son Etablissement, ousi elle n’eut qu’une simple permission; quoi qu’il en soit le succès fut si peu avantageux,que le premier voyage fut le dernier (3). La seconde Compagnie de la Chine s’établiten conséquence d’un Traité avec la Compagnie des Indes Orientales, en date de 4 Jan-vier 1698, & homologué par un Arrêt du Conseil du 22 du même mois, & elle produi-sic deux voyages, dont il est parlé dans Je texte (4). Les intéressés obtinrent des LettresPatentes du mois d’Octobre 1705, qui les sormoient en Corps réglé, du consentementde la Compagnie des Indes Orientales, sous le titre de Compagnie Royale de la Chi-ne (5). Dans l’espace de huit ans il revint deux ou trois Vaisseaux en France, mais com-me leurs cargaisons consistoient principalement en soies, & qu’elles se trouvoient défen-dues, cela dégoûta les intéressés, & ils ne voulurent.plus continuer (6). On érigea ce-pendant une troisième Compagnie de la Chine par Lettres Patentes du ry Février 1713,qui étoit tout-à-fait indépendante de celle des Indes Orientales, & qui devoit subsister cin-quante ans, depuis le mois de Mars 1715. Cette Compagnie envoya deux Vaisseaux à laChine, dont l’un'revint en 1718 à Ostende, & l’autre â Genes. Mais en 1719 elle fut in-corporée avec toutes les autres à celle des Indes (7}.
( 1 ) Histoire des Indes Orientales, T. III. p.*Í3 , IS 4 .
( 2 ) Hifr. de la Comp. des Indes. p. 8-,
( 3 ) Hisc. de's Indes Orient. I. c. p. iji.t4l 'Hise. de la Comp. des Indes. p. P3,
Tome FUI.
(f) Titres concernant 1e Commerce de la Chi-ne. p. 3 S 5 .
(■6) Hilt. de la Comp. des Indes. p. § 3 . s> 4 -( 7 ) Di&ionn. de Commerce. T, 1. Col. J 3í+»
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