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m.
Effortspour ré t abltrle cré-dit de laCompa-gnie &c.
Les Direc-teurs fontun nouveleffort .
T!s cedentleur pri-vilège àdes Particuliers •
170 CONQUETES, ÉTABLISSEMENS &c. DES FRANÇOIS
mais été en état de trafiquer dans plusieurs de ces lieux pendant tout le temsqu’elle avoit subsisté (a).
Tandis que le Commerce de la Chine étoit ainsi en quelque façon as-fermé, les Directeurs falsifient tout ce qui dépendoit deux dans l’elpé-rance de rétablir leurs affaires dans les Indes, ou au-moins d’y contribuer;mais voyant que cela furpassoit leurs forces, ils furent contraints de s’a-dreffer à la Cour au commencement de Tannée 1701, & d’avouer qu’ils.trouvoient les affaires en si mauvais état, qu’il falloit qu’ils renonçassent àleurs Etabliffemens & à leur Commerce, à moins que Sa Majesté n’eût labonté de les secourir (b) Louis XIV. qui n’avoit pas oublié les maximesque M. Colbert lui avoit inculquées, leur prêta huít-cens-cinquante-mille li-vres , à condition que les Directeurs augmenteroient chacun leur fonds dequarante-mille livres, & les Actionnaires de cinquante pour cent. Les Di-recteurs accepterent la condition, mais les Actionnaires refusèrent de s’yconformer. Ce qui causa de vives & longues contestations, qui ne feterminerent qu’en 1704 par un Arrêt, qui ordonnoit que tous les Action-naires de la Compagnie des Indes Orientales demeureroient intéressés dansson Commerce, pour en partager les profits & en supporter les pertes ,chacun par rapport à son fonds, tant pour le passé que pour l’avenir; quepour connoître fétat dès affaires de la Compagnie, les Directeurs feroientrendre incessamment les comptes de la gestion de son Commerce ; que lesActionnaires ne pourroient être engagés dans de nouveaux emprunts quedu consentement de Commissaires nommés par eux (c). II ne paroît pointque tout cela produisît rien; car en 1708 la Compagnie fit en quelque façonbanqueroute, deforte que le Roi donna un Arrêt par lequel étoient sur-sises toutes les poursuites pour les dettes de la Compagnie ; & pour quele Commerce des Indes ne cessât pas entierement, il permit à la Com-pagnie de céder ses privilèges à des particuliers qui feroient disposés àtraiter avec elle, aux meilleures conditions qu’elle pourrait obtenir (d) (*).
En conséquence de cette permission, les Directeurs permirent au SieurCrozat d’envoyer sous le nom de la Compagnie deux Vaistèaux aux Indes,à la charge qu’elle auroit quinze pour cent du montant de la vente desmarchandises que ces Vaisseaux en rapporteraient, comme aussi deux pourcent des prises que ces Vaisseaux pourroient faire au-delà de la Ligne ,
avec
(a) Hist. des Indes Orient. T. III. p. 193, (c) Hist. de la Comp. des Indes, p. 85.
194. (d) Dictionn. de Coinm. i. c. Col. 1354.
<ff) Dictionn de Comm. T. I. Col. 1333.
O On obtint cet Edit fous prétexte d’une Assemblée générale des intéressés pourle premier de Janvier 1709 , où l’on espérait trouver quelque moyen de raccommo-der leurs affaires ; c’est ce qui donna lieu aux permissions, &à un autre expédient, ait.quel le Roi consentit, qui étoit que la Compagnie pût faire entrer pour une fois les étof-fes propres à appaiser ses Créanciers les plus incommodes, & lui donner le tems depeser ce qu’il y auroit à faire. Bien-que tous ces expédiens paroissent des marques de fa-veur & de protection de la part du Ministère, ils prouvent que le Commerce n’eíi pas na-turel à la France, & que là où ii faut tant de peine pour en prévenir la ruine, il est diffi-cile qu’il fleurisse comme dans les Pays où les Peuples en ont naturellement le goût, &vivent fous «n Gouvernement plus doux.