DANS LES INDES ORIENTALES; Liv: XVII, Chap. IX. rgi
autant de Commerce ,• que la Compagnie n’en a jamais fait (d). Section-
Le seul désavantagé qu’il y a, & qui est grand, c est que cette ville n’a IV-' point de Port, mais, comme nous savons dit, feulement une rade, &en-^j^T^core n’est-elle pas des meilleures; la Mer-ne monte & ne descend qu’un pied l!e £ Comou deux tout au plus; le débarquement est-diffiqile& pénible, les Vaisseaux pagme,étant obligés de mouiller à-une demie lieue de la ville, deforte qu’il faut les E Indes'charger & les décharger avec des bateaux, ce qui fe fait avec beaucoup de ^ c ' ,,
peine ëi non fans danger. Avec cela cet inconvénient a eu son bon côté, i ncm é-'durant-que M. St. Martin a été Directeur -Général; car si le débarquement nient den’eût pas été si difficile & si dangereux, la Place auroit été certainement manquerprise &- ruinée- durant la guerre de 1702 , çomîne dans la précédente, ou*au moins les Flottes Angloifes & Hollandoises l’auroient bombardée , si lachose avoit été praticable. Car nous devons faire souvenir le Lecteur, que /««?<-.bien-que nous soyons descendus presque juíqu’à notre tems dans la descrip-tion de Pondichery, pour représenter d’un coup d’œil tout ce que l’on a faitpour embellir & fortifier cette Place, nous n’avons encore porté l’Hi-stoire de la-Compagnie des Indes que jufqu’au commencement de ce siée le.
Ce fut alors que le Conseil Souverain des Indes, ainsi qu’on le qualifioit,fut aboli à Surate, où-il ne pouvoit effectivement plus rester ; on conféra"'ce titre ronflant à ceux qui avoient la direction des affaires à Pondichery ,
& on en fit le siégé du Directeur ou Gouverneur-Général de la Compagnie,par Lettres Patentes du mois de Février 1701, fous lequel reffortiroient les'Comptoirs d’Ougli, Ballezor, Kasumbazâr, Cabripatam, Masulipatan, &autres dans le Royaume de Bengale, & le long de la Côte de Coromandel;bien-que- cela parût une augmentation d'honneur &• d’autorité , ce n’étoit"dans le fonds qu’une nouvelle charge pour ceux qui avoient eu le maniement'des affaires de la Compagnie depuis, vingt ans (/;).
Durant cèt intervalle les affaires de la Compagnie avoient toujours été de 'Comment'mal en pis, comme on l’a vu par l’Histoire, deforte que c est un sujet réeï leS . F ™ nJ 'd’étonnement, comment les Officiers de la Compagnie ont pù conserver au- .V^f^.tant de Places, fans recevoir que peu ou point de secours. - Le bon marché tenmT’des vivres, & le foin d’avoir principalement des gens du Pays à letir ser-vice, leur aidèrent beaucoup ; à cela ils joignirent le petit Commerce qu’ilsfaifoient dans les ports voisins; ils s’aidèrent encore dans leur besoin, en fai--'íànt des cargaisons pour des Vaisseaux- Angîois, qui achetoient fans scrupu-le là où ils trouvoient le mieux leur compte; ils fourniffoient aufli les Na-vires des particuliers qui venoient avec la permission de la Compagnie; a-’vec tous ces expédions ils ne purent cependant s’emp.êcher dé contracter desdettes, ni méme trouver suffisamment dequoi en payer les intérêts, pour-conferver un peu de crédit dans le besoin; ensorte que les gens sages & rai-"sennables avoient pitié deux, & que le gros des Européens fe móquoit--d’eux & les méprifoit, en voyant la pauvre figure que'les François faifoient -
en’-
(o) Histoire -des Indes Orientales, T. G) Ibid, p. 1L2—1O4*
III. -p, 247.',
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