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18 a CONQUETE S, ÉTABLISSEMENS &c. DES FRANÇOIS
Section en Orient, & avec quelle peine ils maintenoient des Comptoirs, dont ilsjjzf : ne retiroient aucun profit (a),
des affaires ^e ssì'il y a néanmoins de remarquable, c’est que la Compagnie, quide la Com- avoit été pillée & trompée dans le tems quelle avoit des fonds, &qu’el-pagma le étoit en état d’envoyer des secours, fut servie avec toute sintégrité &aux Indes tout ] e zele possible, lorsqu’on n’avoit à espérer que de belles paroles, &c ‘ de grands éloges de probité & de fidélité. C’est encore une chose digne
Probité d’attention, que durant tout ce tems-Jà la Ville de Pondichery s’accrut^di’air'c de degrés, & qu'au-lieu de quatre ou cinq-cens habitans, elle parvint àceux qui en avoir soixante-dix ou quatrevingt-mille, uniquement par la douceur dudirigeoicnt Gouvernement, & par les vertus personnelles de M. François Martin , lelíS osai- fondateur de cet Etablissement : il vécut assez pour le voir avec toutesses dépendances dans fêtât le plus florissant, tandis que lui & ses Maîtresse seroient estimés heureux de ne devoir rien. Ils eurent sans-doute quel-ques espérances; que la Paix pourroit apporter quelque changement fa-vorable mais quand ils virent quelle ne produisoit rien, & qu'il n’étoitpas certain que la Compagnie pût obtenir le renouvellement de ses privilè-ges , on peut naturellement croire qu’ils perdirent toute espérance, & qu’ilscommencerent à appréhender qu’ils ne fussent abandonnés, comme l’a-voient été quelques Colonies Portugaises, dans le tems que les affaires de cet-te Nation tomber.ent en désordre.
Mais comme il arrive souvent que les semences de destruction se sement,& jettent de profondes racines dans des tems d’une prospérité apparen-te , aussi les gens pénétrans & les plus capables de juger de les sortes de ma-tières , ont été d’opinion que le Commerce des François ne se seroit ja-mais relevé dans les Indes, fans de certains avantages que la Compagnieacquit dans le tems de son humiliation. Comme les François n’eurent au-cun pouvoir, depuis l’époque de leur Etablissement à Pondichery, que ce-lui qu’ils obtenoient par adresse, cela les empêcha de faire paroître cettefierté & cette hauteur, qui rend fi promptement la Nation Françoise sus-pecte, & avec le tems insupportable dans les Pays étrangers. En de-meurant tant d’années dans un état d’abbaissement, qui les obligeoit d’é-tudier le caractère de différons Princes, & le génie de plusieurs Nations,ils se formerent réellement à une affabilité, à une modération & à uneéquité habituelles. Ils eurent de grands égards pour les Rois & ] es Prin-ces leurs voisins, & pour leurs Généraux qui venoient dans ces quartiers-là avec des Troupes; par ce procédé ils se firent des amis de tous, &obtinrent de quelques-uns des marques dune estime toute particulière (/;).11 s rendoient souvent de bons offices tant aux Naturels qu’aux Européens,& par-là ils se concilioient l’affection des premiers, & adoueiffoient lajalousie des autres, qui se servant d’eux dans leurs Comptoirs comme Fac-teurs & Courtiers, évitoient non seulement de leur faire de la peine ,
mais
(a) Lockyer's Account of the Tradein In- (F) Hist. de la Compagnie, p. 280. Hist.
Avanta-ges qui enreviennentà la Com -pagaie.
dia, p. 277. 279 » 2L6.
des Indes Orient. T. I, p. 103,’