188 CONQUETES, ÉTABLISSEMEN 3 &c. DES FRANÇOIS
Sbctiom tifs fur lesquels cette union est fondée. On y dit, que le Roi s etant oc-V. cupé à chercher les moyens de réparer les épuifemens que de longues guer-Etablifc■ res avo i en t causées à l’Etat, il a vu avec satisfaction que la circulation de'cúWMmic fargent est très-vive, & que le Commerce se rétablit. Que le crédit quegénérale la Compagnie d’Occident s’est acquis, Fa déterminé à examiner la situationfar la rèu- de s anciennes Compagnies, & en particulier celle de la Compagnie desnion de indes Orientales ; qu’il a vu avec douleur, que nonobstant les secours réité-autres. ** r ^ s qti’elle a reçus du feu Roi pendant cinquante années, elle a si malgou-r .M —... verne ses affaires, qu elle a été obligée d’abandonner totalement fa navi-gation, & s’est déterminée à céder son privilège à des Particuliers, mo-yennant d’assez minces avantages. Le Roi déclare qu’il fait que ce n’estpoint à la nature de ce Commerce que le manque de succès doit être impu-té , mais à la mauvaise régie. Que d’abord l’entreprise avoit été forméeavec un fonds qui n’étoit pas suffisant. Que les Directeurs ont consumé ti-ne partie de ce fonds par des répartitions prématurées & des droits depré-' sence dans un tems où il'n’y avoit aucuns profits, & que pour suppléer à
ces
libles, cette Compagnie d’Occident échoua; ce fut aussi le sort de plusieurs autres nou-velles Compagnies, les unes plus petites, les autres plus grandes, qui furent établies a-vec de belles apparences, & qui subsistèrent pendant un teins avec les changemens qu’onjugea nécessaires; & quoiqu’elles fussent bien conçues, & que le Ministère leur accordâttoute la protection qui lui étoit possible, elles ne laissèrent pas que de tomber (i). Aveccela cependant, ct fut à l’aide de Tune ou de l’autre de ces Compagnies qu’on fit diversEtablissemens fur les Côtes d’Afrique, que la Colonie Françoise du Canada se conserva &s’augmenta, que ies François s’établirent dans plusieurs Isles de l’Amérique, qu’ils s’em-parèrent d’une partie de celle à’Uifpaniok ou St. Dotningue, & qu’enfin ils formerent unEtablissement fur le fameux Fleuve Mefáasipi ou Miflìjjìpi, qui signifie dans la Langue duPays la Grande Riviere, nom qu’elie mérite à juste titre, puisque son cours estdehuit-censlieues, & qu’elle est navigeable jufqu’à huit lieues de fa source (2). Cet Etablissement,comme tous les autres, languit dans ses commencemens, c’est-à-dire depuis environ l’an1669 jufqu’à h fin du siécle passé, & fut exposé à des difficultés presque insurmonta-bles, & enfin auroit été entierement ruiné fans le zele de -M. Antoine Crozat , qui parune application infatigable au Commerce pendant un grand nombre d’années ayant acquisde grands biens, s’engagea à la soutenir, & obtint des Lettres Patentes du 14 Septembre1712, qui l’autorifoient d’eutreprendre ce qu’il jugeroit nécessaire pour l’intérêt de sonPays, dans cette partie de l’Amérique Septentrionale qu’on appelle aujourd'hui la Loui-fiane : il fut plus heureux que ses prédécesseurs (3). Lorfqu’il fallut pour faire réussirle S y s t ê m e , former quelque nouvel Etablissement de Commerce auquel on pût at-tribuer les avantages les plus éblouissans. on s’arrêta à celui-là, & ie Sieur Crozat ayantrtmis ses Lettres Patentes, qui avoient encore dix ans à courir, le Roi par un Edit du moisd’Août 1717, enrégistré au Parlement le 6 du mois suivant, établit une Compagnie deCommerce fous le nom de Compagnie d’Occidcnt , ou, comme on l’appelloit communé-ment, la Compagnie du Miffiffipi ; le fonds de cette Compagnie fut fixé à cent millions,par un Edit enrégistré au Parlement Je 31 de Décembre. Outre la Louisiane réduite enforme de Province, & limitée dans l’Edit, on accorda à la Compagnie le Commerce desCastors; en 1718 on y incorpora celle du Sénégal pour le Commerce des Nègres, & en1719 les Compagnies des Indes Orientales & de la Chine y furent aussi réunies, par lesMotifs rapportés dans le texte (4).
fl) Dictionnaire de Commerce T. I. Col. 13s -7 o) D : ct. de Comm, T. I. p. II7I.
'& fà , , 14 - Ibid. p, 1375.
(2 Geogr, AlOii. de Dx Buis, p. 857.