DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. IX. l8 gces fonds on .avoit fait des emprunts fur la Place à des intérêts excessifs. SEC y I0ytyie cependant le feu Roi son Bifayeul, continuant toujours h protection Etabiife.cju’il avoit accordée à cette Compagnie, lui avoit accordé vers la fin de fa ««w iiclavie la continuation de son privilège, dont elle auroit pu jouir, ouaumoinsretirer tout le profit quelle auroit pu, si son administration ne fût devenue pariafi évidemment mauvaise, que la gloire du Roi & i’intérêt de la Nation ne nim de 'permettoient plus de la dissimuler (a) (*). toutes les
D’un côté les Indiens avoient porté des plaintes réitérées, que la Com - autreupagnie ayant emprunté d’eux de grosses sommes ne leur payoit ni intérêts, p rivi i eaeini capitaux, & depuis seize ans elle n’avoit envoyé aucun Vaisseau à Su- accordésrate. D’un autre côté, les Particuliers qui avoient acquis le privilège de à à-la Compagnie , étant chargés de lui payer un droit de dix pour cent, & Vi4lc . Co ™jd’autres droits, ne pouvoient faire un Commerce de concurrence avec I ’E-^fsa'íontranger ; & que d’ailleurs, dans la crainte d’ètre arrêtés pour les dettes de la d un FondsCompagnie, ils n’ofoient envoyer leurs Vaisseaux à Surate, enforte qu’ils immense.étoient obligés de tirer de l’Etranger la plus grande partie des marchandises,des Indes qu’ils apportoient en Europe, qu’ils payoient fort cher, à leurgrand dommage à à celui de la Nation. Par ces raisons & par d’autresdela même nature alléguées aussi contre les Compagnies de la Chine' & d’A-friqus, le,Roi déclare par cet Edit, qui est du mois de Mai 1719, quetous les privilèges accordés à ces Compagnies demeurent éteints, révo-qués & supprimés. II accorde en même teins à la nouvelle Compagnie desindes le privilège de négocier feule, à Pexclusion de tous ses autres Sujets,depuis le Cap de Bonne-Efpérance, jusques dans toutes les Mers des IndesOrientales, Iíles de Madagascar, Bourbon & France, Côte deSofala en Afri-que , Mer Rouge, Perse, Mogol, Siam, Chine & Japon, comme aussi de-puis le Détroit de Magellan & le Maire dans toutes les Mers du Sud, faisantdéfense à tous fes antres Sujets de faire aucun Commerce dans ces lieux à pei-ne de confiscation des Vaisseaux, armes, munitions & marchandises (l) (f).
Le
(a) Extrait du Préambule de l’Edit. (/-) Hist. de la Comp. des Inles,p. n4.
(*) II y a dans cette Piece > comme dans toutes les autres du même genre, un mélangede vrai & de faus: il y a des choses exaggérées, 5c d’autres exténuées. afin de donner ti-ne apparence spécieuse à la conduite du Roi.' Le premier & principal but de la Cour étoicd’accréditer la Compagnie des Indes, pour faire augmenter fes fonds; l’avanceir.ent & lesprogrès du Commerce des François aux Indes n’étoit que le prétexte. Les répartitionsfaites ri-devant lorsqu’on ne le pouvoit pas, étoit certainement une chose mal-entendïie,mais dont on ne devoit pas rejet ter entierement la faute fur les Directeurs , puifqu’ils yavoient été contraints paries Assemblées générales des intéressés ( 1 ). Cette fausse démarcheavoit été la véritable cause des dettes que la Compagnie avoit contractées aux Indes, &des emprunts laits à des intérêts excessifs. Mais ii failoit dépeindre les abus & la mauvaiseRégie des couleurs les plus fortes, pour justifier une démarche aussi hardie, que l’étoitcelle de dissoudre une Compagnie qui venoit d’êtrecontinuée depuis si peu de tems; par'ce qu’en y faisant bien réflexion, cela pouvoit paraître d’un dangereux exemple pour lanouvelle Compagnie des Indes, qui ne pouvoit recevoir de la Couronne plus de sûretésque celles qu’on anéantissoit par l’Edit d’Union.
(D On n’entrera pas ici dans le détail de tous les privilèges accordés â la Compagnie
pér-
il) Hist, de la Compagnie des Indes, p. S+,
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