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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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240 CONQUETES, ÉTABLISSEMENS &c. DES FRANÇOIS

Section lées & parfumées, & du corail rouge (a). La Compagnie envoya avec les1 XI. premiers Vaisseaux un Agent pour réíider à Canton, qui avoit obtenu l’a-f,j. grément de la Cour, mais il s’y trouva fi mal à son aise, & on le fatiguastlire de‘la de tant de demandes, qu’il fut obligé de donner ordre au Capitaine d’unCompagnie Vaisseau, qu’il vouloit expédier, départir sans permission, & de fe reti-des indes re r en habit de Chinois dans un Couvent de Dominicains (b). Plusieurs& c ' Vaisseaux François ont fait heureusement la traversée du Pérou à la Chi-

r ne, & y ont fait Commerce, les uns dans le Fort d'Emouy sans grand

profit, & d’autres plus avantageusement à Canton (c). Les François ontvoulu intriguer dans ce Pays comme dans les Etats du Grand - Mogol, maisjufqu’ici inutilement ; car les Chinois font si rusés & si soupçonneux ,sur-tout à l’égard des Etrangers, qu’il n’y a pas d’apparence qu’ils y ga-gnent jamais rien (d). Tous les Européens qui ont été à la Chine convien-nent, qu’en qualité deNégocians les Chinois font les plus grands trompeursqu’il y ait au Monde, mais il n’y en a point qui en fassent un portrait plusdésavantageux à tous égards que les François ; ils les représentent comme unpeuple lâche, timide, brutal, insolent & perfide, nonobstant les beaux élo-ges que les Missionnaires font de leur sagesse, de leur vertu & de leur poli-tesse (*). II ne paroît point que les François ayent tenté d’ouvrir aucunecorrespondance avec les Manilles, ainsi nous n’avons plus rien à dire de leurCommerce en Orient.

Mais

‘ (a) Facture générale des Marchandises en- (c) Voy. Le Gentil. T. I. Lett. VI.voyées à la Chiné. (Ó Dictionnaire de Commerce, T. IV.

{p) Recueil des Voyages au Nord. T. VIII. Col. 834-p. 273 > 274-

(*) On trouve une ample Relation de la Chine, de ses Productions, de son Commerce,du génie, des mœurs & des procédés des habitans, dans les Lettres de M. Gentil de la Bar -Huais, qui y sit un voyage en 1716, mais ne publia fa Relation que huit ans après, sonEpître dédicatoire au Comte de Murville , Secretaire-d’Etat, étant datée de Rome le 10 deJuillet 1724. On trouve quantité de choses curieuses dans ces Lettres, & la conduitedes Chinois y est exposée avec un air de franchise & de vérité si frappant, qu’onnepeuts’tmpêcher de croire que l’Auteur les a -peints tels qu’ils lui ont paru, & non dans ledessein de tromper les autres, ou de satisfaire son ressentiment contre eux. 11 reconnokqu’en général ils sont patiens, sobres & industrieux ; que leur Pays est par-tout parfaite-ment cultivé, la nature aidée lâ oìt il le faut, & ses défauts réparés par l’art & le tra-vail ; mais cn même teins il les représente, comme flatteurs, hypocrites & trompeurs ;prodigues de promesses fans aucune intention de les accomplir, accoutumés à la fràudeî& fi adroits dans les pratiques les plus basses, si inépuisables en artifices, qu’il est très'difficile, sinon impossible, de ne pas être leur dupe. lis observent en particulier qu’ilsdifférèrent le plus qu’il leur fut d’apporter les marchandises, pour profiter de l’embarrasque la proximité de leur départ causoit; & il cite pour exemple, qu’ils leur donnèrent u-ne grande quantité de soie crue si humide, qu’clle seroit diminuée d’un tiers à leur arrivéeen Europe, leur disant qu’ils n’avoient qu’à attendre jusqu’à ce qu’elíe fût seche, ce quiSuroît demandé deux mois, tandis que les François avoient à peine autant de jours àdonner (1). R s’étend fur l’avarice, l’injustice & les prévarications des Magistrats & desReceveurs, & en un mot le portrait qu’il en fait ressemble assez à celui qu’en ont fait lesplus judicieux Auteurs de notre Nation, qui en ont parlé fur leur propre expérience (2).

(r) Le Gentil, T» IX. p. 215. (2) Detmfier, Lecky.r , Voyage á’^infon.