FOUR LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Ciiap. X. 251
Diverses circonstances concoururent à engager leurs Hautes-PuiíTances à Sectionse hâter de faire cette démarche : premierement, ils étoient extrêmement U-pressés par leur Compagnie des Indes Orientales, dont quelques-uns desprin-dpaux Directeurs étoient membres du Gouvernement ; de plus la situation des ve e r s ^‘ ,maffaires de l’Europe sembloit donner du poids à leurs représentations; non Cours con.qu’ils comptassent beaucoup fur le souvenir des services qu’ils avoient ren - ife la-dus, mais parcequ’ils savoient qu’il y avoit plusieurs choies que la Cour de ^osterT*Vienne seroit bien aise de faire, &qu’elle ne pouvoit gueres faire fans leur 6 "assistance. Enfin, ils jugèrent qu’il seroit plus aisé pour eux d’obtenir, & -
y eût un "Octroi expédié (a). Us furent néanmoins trompés dans leurs efpé- (andoss*rances, ôc ce Mémoire tout pressant & fort qu’il étoit, ne produisit pas b ce quitout l’effet dont ils s’étoient flattés, bien-qu’ils fussent appuyés d’un des leur fit es.premiers Seigneurs de la Cour de Vienne, & d’un Ministre qui y avoit un pércr,!egrand crédit, quoique fuir & l'autre agissent par des motifs bien différons. reu h ,r ’
Le premier étoit l’illustre Prince Eugene , qui fe déclara contre cet Etablis-sement par un principe d’équité, & par son zele pour les véritables intérêtsde la Maison d’Autriche; & avec fa candeur & fa franchise ordinaire il pré-dit que cela ne pourroit qu’affoiblir la bonne intelligence qui avoit sub-sisté depuis si longtems entre Sa Majesté Impériale & les Puissances Mariti-mes, ce qui ne pourroit que déranger le Système fur lequel la tranquillité &l’indépendance de l’Europe étoient fondées. L’autre étoit le Marquis de Prié,qui étoit à la tête des affaires dans les Pays-Bas ; il s’oppofa à l’Octroi, par-eequ’il tiroit un grand profit de l’expédition des Lettres de mer, qui cesse»roient par l’Etablissement de la Compagnie ; & bien-que son opposition fûtmoins légitime, elle n’en étoit que plus forte (/;) (*).
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(ri) Mercure Hist. & Polit. T. LXXII. p. 551. (b) Roufet , T.li.p. 4 .
„ De plus, il est expressément stipulé par l’Article XXVI. du Traité de la Barrière, que„ le Commerce & tout ce qui en dépend, demeure en tout & en partie fur le pied établi„ & de la maniéré portée par les Articles du Traité de Munster; en forte que ledit Traité„ de Munster est évidemment confirmé par le Traité de la Barrière, dans le tems même queSa Majesté Catholique & Impériale étoit dé j a en possession des Pays-Bas, & par la ga-,’ rantie de Sa Majesté Britannique.
Et comme le droit de Leurs Hautes-Puissances à cet égard est si manifeste, leursHautes - Puissances ont toutes sortes de raisons d’attcndrede l’amitié &de l’équitésicon-” nu es de Sa Majesté Catholique & Impériale, qu’elle ne favorisera & ne tolérera rien de" ce qui préjudicie au susdit droit des Etats. Ils demandent donc aimablement, que" poítroi, qu’on dit avoir été accordé pour la Navigation & le Commerce des Pays-Bas Autrichiens aux Indes, ne soit pas publié mais retiré, ou au moins soit rendu" p ans effet, & que Sa Majesté Impériale donne des ordres, pour que cette Navigation" & ce Commerce, soit avec soit sans Octroi, cesse entièrement, & qu’à cet égard lesTraités soient exécutés &c.” ,
(*) 11 ne fera pas inutile d’instruire le Lecteur des raisons qu alléguoient ceux d’entreles Ministres Impériaux qui se déclafoient contre l’EtablilTement de la Compagnie d’O-ftende. 11s observoient, qu’indépendamment de toute question diíffcile , c’étoit un faitsuffisamment clair, que les Pays-Bas Autrichiens avoient été acquis pour Sa Majesté Im-
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