Sèction
II.
Démar-ches de di-versesCours con-tre laCompagnie
d’oiìen-
de.
Extraitde cetOctroi,
Grandsuccès decette Com-pagnie -dans lescommen-cemens.
254 HISTOIRE DE LA COMPAGNIE D’OSTENDE
Par cet Octroi le fonds de la Compagnie fat réglé à six millions de flo-rins & le nombre des Actions à six-mille ; mais à d’autres égards on luiaccorda tous les droits & privilèges marqués dans le premier projet, &d’autres encore; on lui permettoit de construire des Forts & des Châ-teaux en tel endroit qu’elle jugcroit à-propos, & de les pourvoir d’ar-tillerie, & d’autres armes, & de toutes fortes de munitions; d’armer &d’équiper tels Vaisseaux quelle voudroit, & de les faire bâtir dans tousles Ports des Etats de Sa Majesté, dans les Pays-Bas, en Italie & ailleurs ;de traiter, ait nom de Sa Majesté Impériale, avec les Princes Souverains& Etats des Indes, avec cette restriction qu’elle ne pourroit déclarer laguerre à aucune Puissance, fans le consentement de Sa Majesté & de sesSuccesseurs. Pour droit de reconnoissance de cet Octroi, la Compagnieétoit obligée de présenter à l’Empereur & à chacun de ses Hoirs & Suc-cesseurs un Lion couronné du poids de vingt marcs d’or, tenant les Ar-mes de la Compagnie, qui étoient un Aigle éployé, avec le Globe de laTerre entre ses deux têtes, surmonté dune Couronne Impériale. Enfinl’Empereur promettoit de protéger la Compagnie & de la défendre envers &contre tous ceux qui l’attaqueroient. injustement ,& même d’employer en casde besoin la force de fes armes pour la soutenir dans la liberté entieredesonCommerce & de sa Navigation, & de lui faire faire raison de toutes les in-justices, injures & mauvais traitemens, en cas qu’aucune Nation entreprît dela troubler dans son Commerce & fa Navigation, & de lui procurer tous lesavantages & facilités possibles par les Traités de Paix, d’Alliance & de Com-merce qu’il feroit (a).
Tel fut l’Etabliflement de cette fameuse Compagnie a Ostende , dontcette Compagnie & Sa Majesté Impériale se promettaient de si grandsavantages. Aussitôt que ces Lettres Patentes eurent été publiées, & en-registrées dans les Cours Souveraines des Pays-Bas Autrichiens, les Di-° rec-
(s) Rovstt, T.ll.p. 5 &fuïv.
tout ce 'qu’il leur Falioit pour l’exécution de leur entreprise, futprincipalementravidité im-modérée du gain. qui regnoit en ce tems-là dans toute l’Europe; & la découverte de plu-sieurs fraudes commises par ceux qui étoient au service des Compagnies, qui avoient dé-jà des Etablissemens aux Indes , leur procura des Agens & des Employés très-capables defaire leurs affaires, & c’est à cela qu’il faut attribuer la diligence avec laquelle ils mirentEscadre sur Escadre en mer. Bien-qu’ils eussent envoyé en 1720 six Vaisseaux richementchargés aux Indes, ils en équipèrent encore est 1721 six autres, dont trois étoient desti-nés pour la Chine, un pourMocha, un pour Surate & ia Côte de Malabar, & un pour leGolphede Bengale (1). Ces Vaisseaux s’appelloient le St. Joseph, le JVartenhurg, kMaison d'Autriche, 1 * Impératrice , la Galère de Bruxelles , & la Ville de Gand. 11 s débitè-rent aussi pour animer ceux qui les favorisoient, non seulement qu’ils avoient obtenu duGrand-Mogol la permission de bâtir un Fort pour défendre leur Comptoir, à quof il ya-voitdu vrai, mais auíîì qu’ils avoient celle de s’établir à la Chine, ce qui pourtant dans1a fuite se trouva n’avoir aucun fondement ; il faut avouer cependant qu’ils y avoient au-tant de crédit, & y étoient aussi bien reçus que les autres Européens (2 J.
(i) Dictionn, dc Commerce, T. II. Co!, iiûj. ( z ) Lìste des Vaisseaux envoyés pat la Co»'
1 ' pagine d Ostende,