r
DES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. XI. 289
% n’exigeroit pas qu’iís favorisassent cette Compagnie, quoiqu’elles soient Suctjc®„ très-disposées à donner toute forte de secours à ses Sujets.” Cette ré- II.ponse étoit seche, mais la Cour de Suede s’y attendoit vraisemblablement ; La Com-cependant, comme il n’y avoitrien qui dérogeât le moins du monde à l’au - t Sâ£mtorité de Sa Majesté , ou au droit quelle avoit d’employer cette voye nomhstmtou telle autre pour le bien de ses Sujets, elle ne retarda point les pr é-^oppo-paratifs qui se faisoient pour envoyer deux Vaisseaux directement à la Chi- l ition: 'ne; au contraire elle inspira du courage aux intéressés , qui ne s’attendantpoint à des secours, étoient très-contens s’ils ne rencontroient pointd’opposttion (*).
Les Directeurs de la Compagnie Suédoise firent donc bâtir deux Vais- Com-seaux, dont l’un fut nommé Frédéric Roi de Suede , & l’autre YUlrîquc, kt a ? niel’honneur de la Reine; les Vaisseaux étoient bons, forts ,& à tous égards an^Vais-propres pour l’expédition pour laquelle ils étoient destinés (a). Ils pro- seaux.cédèrent avec la même attention au choix de leurs différons Officiers &de leurs Mariniers, & furent très-heureux à Fun & à l’autre égard, ensor-te que les Vaisseaux firent voile dans la saison la plus propre du Port deGottenbourg. Ceux qui examinent les affaires de cette nature avoient fortchangé de lentiment, & nonobstant la longueur du voyage, le manqued’Etablissemens où les Vaisseaux pussent relâcher pour se rafraîchir , &d’autres désavantagés visibles auxquels cette nouvelle Compagnie étoit su-jette, & que l’on croyoit difficiles à surmonter, tout le monde généra-lement étoit persuadé qu’ils feroient le voyage heureusement, parcequ’iln’y avoit point du tout lieu d’appréhender qu’ils rencontrassent aucunobstacle, ou qu’ils eussent à essuyer quelque mauvais traitement de la partdes autres Nations. II importoic à-la-vérité infiniment aux Directeurs dela nouvelle Compagnie de bien peser tout po « r leur premier essai par-cequ’il leur étoit aise de prévoir, vu 1 humeur des Suédois, que la moin-dre disgrâce seroit fatale ; c’est le cas dans tous les Pays où l’on n’estpas accoutumé à de longs & périlleux voyages , & où le premier mauvaissuccès est regardé comme une preuve que les choses font impraticables, pré-vention contre laquelle les meilleures raisons échouent.
Dans le tems qu’on s’attendoit à voir ces Vaisseaux revenir dans les Un de c n
Ports de Suede, M. Henri Koning reçut par quelque Vaisseau Européen Vaisseaux
une Lettre de M. Colin Campbel, Ministre Plénipotentiaire de Sa Majesté l
Suédoise vers l’Empereur de la Chine & autres Puissances de l’Orient, î?’\! es
lionais-
O) Mercure Hist. & Polit. T. XCI. p. 691, 692. ' d ° Ì4 * J
(*) On ne peut que remarquer beaucoup de dignité & de fermeté dans la conduite deSa Majesté Suédoise dans toute cetre affaire; & il fera bon d’observer que ce,Prince é-toit affuré d’être soutenu a cet égard par ses Sujets, n ayant accordé son Octroi pour é-tablir la Compagnie des Indes, qu’après que l’affaire avoit été mûrement pesée & solem-nellement approuvée dans l’Affemblée des Etats duRoyaume (1,.; &c’est vraisemblablementce qui empêcha les Puissances Etrangères de présenter aucun Mémoire sur ce sujet au Roi;pareeque s’agiffant d’une affaire nationale qui avoit la sanction des Etats, ellessentoientbien que cela seroit inutile.
(r) Histoire de Suede, T. III, p, r S-,
Tome VIII- O o