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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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HISTOIRE DE LA COMPAGNIE SUÉDOISE

Section & Super-Cargo du Vaisseau Frédéric Roi de Suede; il marquoit que sai-si. sant leur route en revenant de la Chine, ils avoient découvert au DétroitJmC mpa- à j a Sonde sept Vaisseaux à l’ancre, qnï aussitôt qu’ils les virent leve»maìntcnue rent l’ancre & se mirent à la voile pour approcher le Frédéric : voyant cet-nonobstant te manœuvre ceux de ce Vaisseau se mirent au large pour gagner le vent,lesoppofi - avec intention de les passer, mais malheureusement le courant les en em-tim ' pêcha, & les obligea de jetter l’ancre, M. Campbell envoya M. Bremer kbord du Commandeur des Vaisseaux Hollandois, car ils portoient tous Pa-villon Hollandois, pour demander raison de leur procédé, & muni de Co-pies des Passeports. Le Commandeur retint Bremer & la Chaloupe, &continua de porter fur le Frédéric. Les Hollandois tirèrent un coup de ca-non pour faire baisser le Pavillon. Le lendemain matin ils mandèrent leCapitaine, avec ordre d’apporter ses Passeports & Commissions avec lui,ce qu’il fit. Peu de tems après ils tinrent Conseil, & prirent la résolutiond oter de dessus Je Vaisseau Suédois une partie de l’équipage & de mettrede leurs gens à la place, ce qu’ils exécutèrent : l’aprcs-midi il vint un autreordre de faire sortir tous les autres Officiers & Matelots , desorte qu’ilne resta que M. Campbel , le Capitaine, & douzeSous-Officiers. M. Camp-bel dressa un Protest, qu’il envoya dans une Lettre au Commandeur, in-sistant sur l’affront fait au Pavillon de Sa Majesté, & sur ce que cette pro -cédure étoit un acte d’hostilité, & une breche à l’amitié & à f alliance en-tre le Roi de Suede & les Etats-Généraux, & sur-tout un affront contre ladignité du Roi fait à sa personne, étant revêtu d’un caractère sacré parle Droit des gens. Comme ce Protest étoit en Suédois, le Commandeurdit qu’il ne l’entendoit point, mais les Super-Cargos, qui étoient préfens,lui en expliquerent le contenu: il répondit, de-méme que les autres Ca-pitaines, que ce n’étoit pas leur faute , parcequ’ils avoient ordre de leursSupérieurs de faire tout ce qu’ils avoient fait, & que si le Roi de Sue-de avoit été là en personne , ils auroient été obligés de faire de-mê-me. Qu’ils avoient ordre de les mener à Batavia , où dans peu de joursl'affaire seroit terminée, & que les Suédois pourroient après poursuivreleur route («) (*).

Cette

(a) Roujstt , T. VIII. p. 365.

(*) Comme le bruit s’étoit répandu que la Compagnie d’Ostende s’étoit adressée à SaMajesté Suédoise pour avoir la permission d’envoyer deux Vaisseaux aux Indes avec Pa-villon Suédois, le Roi déclara publiquement qu’il n’accorderoir point cette permission,& ordonna aux Directeurs de réemployer en qualité d’Officier aucun de ceux qui auroientété comme tels au service de la Compagnie d’Ostende (1). Nonobstant cela, il y atout lieu de croire que l’Escadre Hollandoise, qui croìsoit dans le Détroit de !a Son-de , avoit ordre du Conseil de Batavia de prendre tous les Vaisseaux fous Pavillon é-tranger, dans l’espérance que ce pourroient être des Interlopes d’Ostende, sachant bienqu’ils voguoient fous le Pavillon de différens Princes; & c’est la feule façon raisonna-ble de rendre raison de toute cette assaire, sur-tout fl l’on peso la réponse que les Di-recteurs de la Compagnie Hollandoise firent aux Etats-Généraux, & qui fut communiqué-au Ministre de Suede.

O) Mercure Hist, Sc Polit, T, XCI, f. Cpi, 6 -r,