DES INDES ORIENTALES.. Liv. XVII. Chap. XI. 297leur ont inspiré le courage d’entreprendre , & il leur fournira les mo- Sectionyens d’achever. in -
Parmi les avantages dont ce Commerce & tous les autres qui deman- Coìm^rcedent des voyages de long cours font la source, ce n’est pas un des moins des Indesconsidérables, que cela sert à ouvrir & à étendre l’esprit aux hommes, à pour lesles rendre inventifs, & les porte à Rappliquer dans leur propre Pays à des SuédoisArts qui leur étoient inconnus. C’eíl ainsi que le Trafic de la Soie avoit été ^ c ‘apporté d'Orient longtems avant qu’on eût trouvé la route directe d’y al- Avantagesler par mer, & il a été infiniment'profitable aux habitans des divers Pays quilapro-où on sa cultivé. On a ainsi transplanté les Cannes de sucre en Sicile, én curé au '\Espagne & en d’autres Contrées: & c’est de-là qu’on les a portées dans les ^
Indes Occidentales, où l’excellence supérieure du climat, la fertilité du sol, ^ e a '<5c le bon marché du travail, en ont fait une des principales marchandises del’Amérique. Toutes les Fabriques de Porcelaine en Angleterre, en Hollande,en France, en Allemagne & ailleurs,ont été établies pour le disputer à labelle porcelaine de la Chine (*). Les Chìtses des Indes ont produit les Ma-nufactures de toiles peintes, & nous avons emprunté des Japonois fart defaire des Ouvrages de vernis. La Suede a déja fait des progrès pour per-fectionner les anciennes Manufactures, & pour en acquérir de nouvelles.
Sa Marine augmente de jour én jour, & avec elle le désir d’oùvrir de nou- ' -Veaux Commerces, où elle puisse employer ses Vaisseaux. Dans cette vueles Suédois ont projetté une communication avec l’Océan, qui Iorsqu’ellesera achevée, -sera d’un avantage singulier à leur Navigation ; & bien-quecette entreprise ne fût pas fans difficulté, & qu’elle fût d’une grande dé-pense , les souscriptions pour s exécuter ont surpassé leur attente. D’oùvient ce zele pour le Bien public,cette ardeur au travail, cet empressementà faire des avances, si ce n est de ce que la Nation connoît les avantagesqui découlent du Commerce , & de ía disposition à contribuer à tout ce quipeut le faire fleurir?Ils font redevables de tout cela aux rudes coups qui ar-rêtèrent les ambitieux projets de Charles XII. fur-tout vers la fin de son ré-gné ; ce fut alors que les nombreux besoins dont ils fe trouvèrent accablés,leur firent sentir la nécessité de cultiver les Arts de la Paix, pour fe relever,
& fe tirer de la misere où des guerres fatales & infructueuses les avoientplongés. En suivant constamment ce principe, ils se sont délivrés en grasi-de partie d’un'poids accablant & amer de maux, ils ont donné une nouvel-le
(*) Nous avons remarqué plus haut, que les Etats de Suede ne manquent jamais decomplimenter le Roi fur ce qui s’est fait par ses ordres pour l’avancement du Commerce &des Manufactures, ce qui n’empêche pas qu’ils n’ayent eux-mêmes travaillé à les perfec-tionner. 11 y a quelques années qu’ils ordonnèrent de chercher s’il n’y auroit pas de terrePropre à faire de la porcelaine, & un des plus célébrés Professeurs d'une de leurs Univer-sités s’occupa pendant tout un Eté â cette recherche (i); & bien-qu’ilne réussît pasàcitégard, il fit un grand nombre d’autres découvertes importantes & ùtiles, qui démontrentce que nous avançons.
( 1 ) Voyage des Isles <i ’Oclande 2c de Gothlandt j fait par ordre des Etats du Royaume en i/4t-fatM. Charles Linnœlts &ÍC. Stockholm J74S iu 8V0.
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