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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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HISTOIRE DE LA COMPAGNIE SUÉDOISE

Section

J1L

Utilité duCommercedes Indespour lesSuédois&c.

le face à leur Pays, dont les Etrangers & eux-msmes le croyoient incapa*ble; & par rapport à leurs affaires domestiques, ils font dans une situa-tion plus heureuse qu’ils n'ont jamais été ; & ce qu’il y a de plus avanta-geux , c’est qu’ils savent parfaitement que leur bonheur peut devenir beau-coup plus grand, & qu’ils en ont les moyens en main, qui font la frugali-té & l’industrie, lesquelles produisent des richesses plus solides que lesMines du Mexique & du Pérou, ni que les armées & la fortune d’AJexandre.

Cette Histoire claire & autentique de l’origine & des progrès de la Com-pagnie de Suede fournit des leçons très-importantes à tous les Etats Mariti-

Sucde

prouve

UEtablis

semer, t de

la Compa - mes, & fur-tout à ceux qui font le Commerce de l’Orient. En premier lieu,£ t-ie de ce j a j eur apprend à ne jamais tomber dans la sécurité, ni à se flatter de lavaine opinion que de grandes richesses, beaucoup d’expérience, &unelon-quaucune gue possession, forment des titres qui ne puissent être contestés. Quel-Nation ne ques-uns sentent, & tous peuvent s’appercevoir que ce n’est-là qu’un fon-pcut s'em- g CV L a prudence & le courage conduisirent les premiers Européens aux^ícuTc de rs Indes , & les mêmes qualités y conduiront tous les autres, & les en ramé-Comnace. neront heureusement. II seroit donc de la sagesse de ne pas trop faire va-loir leurs droits exclusifs. Le Commerce des Indes Orientales est toujourstrès-luçratif pour toute Compagnie, mais quand il est bien conduit, il esttoujours plus avantageux à une Nation chez laquelle il est déja établi. LesCompagnies doivent donc toujours se souvenir quelles ne font que des Ad-ministrateurs , sujets à être appels à rendre compte, si par leur impruden-ce , en offensant les Princes Idolâtres, ou en traitant ceux qui les ferventtrop rigoureusement dans leur Patrie, le Commerce souffre ou se ruine.

Ce Com- L’exemple de la Compagnie de Suede prouve encore une vérité de lader-wcrcepcut niere importance, c’ess que le Commerce des Indes Orientales, au moins

se fairesans avoirdes Forts& des Co-Ionies,

celui de la Chine, peut se faire íàns conquêtes & fans Etablissemens; c’estce que fexpérience feule pouvoit apprendre, à considérer le nombre de rai-sons plausibles qu’on pouvoit alléguer pour prouver le contraire. II est vraique le Commerce qui se fait de cette maniéré est plus incommode à de cer-tains égards, mais les inconvéniens auxqueîs il est sujet rendent ceux qui lesont appliqués & circonspects, ce qui produit plusieurs bons effets, & Tail-leurs sert à prévenir la mauvaise foi & la hauteur envers les naturels du Pays,qui ont de bien plus fâcheuses fuites. A quoi ìl faut ajouter, que commecela rend une grande diligence & une exacte œconomie nécessaires à ceux quifervent la Compagnie, elle est assurée de recevoir toujours régulièrement sesretours, qui n en font pas moins riches.

' Enfin le succès, & la continuation même de cette Compagnie prouve,,que les autres Nations n’ont point de raison derejettet des projets pour éten-dre ce Commerce , que pourroient former les Gouvernemens des diversPays où les Compagnies fe trouvent établies, fous le spécieux prétextequ’ils font fort difficiles ou entierement impraticables. On ne peut leur de-mander rien d’auffi difficile que ce que les Suédois ont exécuté. II faut doncque les autres Nations , qui en ont actuellement le pouvoir en main, tâ-chent de se dédommager des pertes, ou pour mieux dire de la diminutionde leurs gains ordinaires, que leur causent ces nouveaux Négocians, en