DES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. XI. ms*olivrant de nouveaux Commerces, qu’on n’ait pas encore tentes, dont Sectionils puissent profiter seuls, au moins pour un tems ; & supposé qu’on en ré- 111.Voquât en doute la possibilité , ou même la probabilité, ce que nous a- f 0vons dit des découvertes des Espagnols & des Hollandois suis t pour dis ^indeTsiper ces doutes ; que s’il en restoit encore quelqu’un, on en trouvera une îo-pour leslution au-dessus de toute contradiction dans le Chapitre suivant. Suédois
Le grand défaut des Compagnies en général, c’est qu’elles deviennenttrop froides dans leur conduite, fous prétexte -savoir de Tordre & de l’œ- celaparôitconomie. Le vrai moyen de prévenir cet inconvénient, c’est, en renou- m devoirvellant leur Octroi, de leur imposer la Loi d’établir tel ou tel nouveau Com- indîfpen -merce,ou de faire telle ou telle découverte, dans l’intervalle de ce nouveau s aì}ií 'terme. Par-là la Nation & les intéressés gagneront également à la conti-nuation de la Compagnie. On entretiendra par ce moyen le goût des en-treprises, que toute Compagnie est ordinairement propre à étouffer, & l’ontrouvera de tems en tems de nouveaux débouchés pour les marchandises &les manufactures. C’est encore ce qui mettra l’Etat en droit d’avoir un peul’œil fur ce Commerce, lui fournira l’occafion de remédier de bonne heureaux abus, & de prévenir les maux qu’il est appelle à guérir aux dépens dela Nation, quand ils arrivent. Enfin cela léveroit ce voile mystérieux &obscur, qui fait toujours naître des soupçons, & entretiendrait cette ardeur& cette activité qui font l’ame du Commerce des Indes Orientales.
Après tout ce que nous avons dit, il n’est pas étonnant qu’une nouvelle Le Roi dePuissance se soit mis en devoir d’avoir part à ce Commerce , & qu’après Prusse**,de longues délibérations fur les moyens d’acquérir du Commerce, & de h , l ! t une a .former une Marine,_ Sa Majesté Prussienne ait jugé ne pouvoir ernplo-yer de meilleur expédient, que celui qui a toujours réuffi aux autres : c’est dcn.dans cette vue qu’il a accordé un Octroi pour l’Etablissement dune Com-pagnie des Indes Orientales à Embden dans l’Oostfrise. c’est un Port, pourn’en rien dire de plus, dont les Hollandois ont toujours été jaloux, & ilsne le font jamais fans sujet ; un Port célébré, parceque lesAnglois y transpor-tèrent leur Commerce en quittant Anvers ; enfin un Port, à qui il ne man-quoit que d’avoir un Maître tel que celui qu’il a, pour en faire connoîtremieux que jamais l’importance. Quel que puisse être le fort de cette nou-velle Compagnie (*), son Etablissement seul suffit pour le but qui nous aengagé à en parler , parcequ’il fournit une preuve concluante en faveurde la thefe que nous avons dessein de démontrer ; 'enforte qu’un Lec-teur éclairé ne peut douter, qu’un Commerce qui a toujours rendu riches
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(*) Cette nouvelle Compagnie n’a été que comme un de ces Météores, qui brillent pen-dant quelques momens, pour s’évanouir ensuite; elle est bientôt tombée , & il n’en resteplus ni trace ni vestige. 11 y a de Tapparence que les Etrangers ne s'y sont pas intéressés,
& que Sa Majesté Prussienne n’a pas jugé à-propos de la soutenir de !a même manié-ré que le Ministère a soutenu celle de France ; & le Pays même ne pouvoit trouverles fonds nécessaires pour une pareille entreprise, ayant sur - tout à lutter contre un figrand nombre d’autres Nations Européennes, déja en possession d'apporter des Indes &de1a Chine en particulier une grande quantité de marchandises. Kem. du Thad.
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