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III.
Utilité duCommercedes Indespour lesSuédois&c.
300 HISTOIRE DE LA COMPAGNIE SUÉDOISE &c.
& puiíTans ceux qui Pont passédé & sagement conduit; un Commercedont la perte a toujours été ruineuse , & un Commerce que tous ceuxqui - ont prétendu à s empire de la Mer ont tâché -d’acquérir dans tous lesíìecles, ne soit infiniment précieux & en soi-même & dans ses suites.
CHAPITRE XII.
Histoire des Terres Australes.
SECTION I.
Premieresdécouver-tes desTerresAustra-les &c.
Introduc-tion àl'iíìíloiredes TerresAustrales,
Premieres Découvertes îles Terres Australes. Relation du Voyage de F e r-
NAND DE QuiROS.
Section S~ì’E s t une question agitée depuis Iong'tems, de savoir fi l'on a acquisL p] U 3 de connoiíTances par la spéculation ou par la pratique, si les plus
grandes découvertes ont été faites par des gens d’un profond savoir, oupar des gens qui avoient une longue expérience ? Cependant il semble qu ilest assez aisé de,la décider quand on pose bienFétat de la question, puisqu’ilest certain que les [plus utiles découvertes ont été le résultat du juste mélan-ge dé lune & de l’autre. C’est à cela que la premiere idée de la possibili-té de faire le tour du Monde doit son origine. Colomb , cet habile Génois,traça d’abord son Système du Monde d’après ses réflexions, en y ajoutantles lumières que l’expérience lui avoit fournies. Lui, Magellan , Le Maire&c. étoient des hommes de génie, favans pour leur tems, & qui avoientde l’expérience ; & fans la réunion de ces qualités nous n’aurions peut-ê-tre jamais été redevables au premier da la découverte de F Amérique, decelle du Détroit qui porte son nom au second, & du passage commode parle Cap Ilorn au troisième. On ne doit employer dans toutes les entrepri-ses da cette nature que des hommes qui joignent aux qualités requises dansun Marinier, une capacité générale, une teinture des Sciences, & un ju-gement solide < 3 t profond. C’est le manque de ces qualités qui a fait quele Genre Humain a été amusé longtems de fables frivoles & d’absurdités mon-strueuses, substituées à la vérité de lTIistoire. Les voyages ont été en gé-néral fi insipides, si ennuyeux, si faux & si contradictoires , qu’on peutparcourir les plus gros volumes, & demeurer également ignorant fur cequ’il yad’essentiel,& fur les articles de la derniere importance tantpoursoi-même que pour son Pays. C’est ce qui a mis obstacle non seulement auxvéritables connoissances , mais auísi au Commerce , aux richesses & àla puissance des Natións, pareeque c’est de la fidélité des Relationsdes premieres tentatives que dépend le succès des entreprises qu’on faitdans la fuite.