Buch 
22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
Seite
301
JPEG-Download
 

HIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Chap. XII. 30IOn peut aussi attribuer, en quelque façon, à une Politique intéressée Sectiontant de Relations absurdes & ridicules qu’on a données de différentes parties I-de notre Globe, & sur-tout du Continent Austral, en ce qu’une connoissan- dlim-vcr-ce plus parfaite de ces Pays ne s’accorderoit vraisemblablement point avec tes desfintérët de certains Corps ou de certains Particuliers, qui ont un grand cré- Terresdit. A quel autre principe peut-on attribuer la conduite des Hollandois, Australesqui paraissent aussi soigneux de supprimer, que d’autres le seraient de pu- ^ c ‘blier toutes les Relations de ce grand Continent, qui pourraient engager à D > où víenten ouvrir la communication, & à y établir des Colonies ? Peut-on s’empê- qu on en acher de croire que la feule raison qui a fait permettre fimpreffiondu Jour- eu jusqu'icinal de Pe{fart & d’autres Voyageurs malheureux-, a été d’intimider les au- (le * Rel fptres par la vue des maux qu’ils-ont foufferts, par la description defavantageu- Inpaisapfe du Pays, Lie portrait hideux qu’ils font des habitans de la Nouvelle tes.Guinée L de la Nouvelle Hollande, & qu’ils ont eu dessein de leur ôter Jecourage d’aborder des côtes si sauvages ? 11 est certain que rien ne pourrait• être plus nuisible à fintérét de toutes les Compagnies des Indes en Europe ,bien-que rien ne pût peut-être plus contribuer à l’accroissement de l’indu-strie & du Commerce, que le projet formé en 1721 par la CompagnieIIol-landoife des Indes Occidentales, d’ouvrir un Commerce avec différentesparties des Terres Australes. II paraît que la Compagnie des Indes Orien-tales envisagea la chose fous ce point de vue, ayant fait arrêter Roggeveen ,qui étoit chargé de la conduite de cette expédition, & confisqué son Vais-seau & fa cargaison à Batavia, où il avoit relâché pour prendre des rafraî-chifiemens (*). L’Expérience prouve, combien les nouvelles découvertesfont avantageuses au Commerce, aux Manufactures & à la Marine duneNation, à quel point elles excitent l’esprit d’industrie, & étendent la sphè-re du Commerce & le débit des marchandises. Avec tout cela ces Paysvraisemblablement riches font entierement négligés, & aucune Nationde l’Europe n’a tenté d’y établir des Colonies. A en juger par le cli-mat, & par les Relations des Voyageurs qui ont touché aux côtes de laNou-

vel-

(*) La judicieuse réflexion du fameux Jean de Wìt est digne d’attention. ,, Quand la„ Compagnie des Indes Orientales, dit-il, a été à un certain degré de richesses & de puis-„ Tance, son intérêt est devenu contraire à celui de son Pays. Car au-lieu que l’avantage,, des Hollandois consiste dans l’accroissement de leurs Manufactures, de leur Commerce,

1, &de ieur Navigation, celui de la Compagnie est d’enconrager le débit de Manufactu-,, res étrangères, avec le moins de Commerce & de Navigation qu’il lui est poslible.

» C’est ce qui fait, que c’est une chose décidée, que si la Compagnie trouve plus de pro-„ fit à apporter des toiles du Japon, des étoffes des Indes &e. que de la foie crue ; ou st» en rendant les noix, les doux, la canelle & d’autres choses plus rares, elle peut assez„ en faire monter le prix, pour que cent tonneaux lui rapportent autant que le feroient» fans cela mille, nous ne devons pas nous attendre qu’eíle apporte des soie crues, ou» qu’elle fasse la dépense de transporter mille tonneaux d épiceries, bien-que la soie crue„ sot utile pour nos Manufactures, & que la quantité des épiceries augmenteroit notre>, Marine.” Cette judicieuse réflexion se vérifie non seulement chez les Hollandois, maisailleurs aussi plus près de nous, là où, à la honte éternelle de ceux qui dirigent le Com-Jft-rce, on le resserre plutôt qu’on ne l’étend, comme il est évident par deux Monopolesriablis dans le Royaume.

Pp 3