302 HIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Ciíàp. XltSection voile Hollande & de la Nouvelle Guinée , il n’y a point de Terre an mon-'L de qui soit plus abondance en riches marchandises, ou au moins pluspro-^âécouver* P re ^ en P ro ^ u ’ re - L y .a même des Voyagéurs, qui représentent ce Paysus des " comme rempli de belles & fertiles vallées, d’agréables ruiíLaux d’une eauTerres pure, abondant en or, argent, noix & fleur de muscade, gingembre, can-Australes nes de sucre d’une grosseur extraordinaire, en oiseaux, poissons,& en tout& c ’ ce qui peut contribuer aux besoins & à l’agrénxent de la vie (*')• Mais com-M ét ] m k me jusqu’ici il n’a point paru de Relation complette des Terres Australes,qu un se nous exposerons ce qui se trouve de plus digne d’attention.dans chaque vo-propose de yage, laissant au Lecteur à prononcer fur la vérité des réflexions que noussuivre. venons de faire. U nous paroît que c’est-là la méthode la plus satisfaisan-te de traiter l’IIistoire d’un Pays peu connu, & la plus utile pour le suc-cès des entreprises qu’on pourroit faire dans la fuite pour faire de nouvellesdécouvertes.
Toute la partie Australe de notre Globe a été peu fréquentée. Elle n’au-foit paru qu’une vaste étendue de mer, si l’on n’eût découvert des Caps &des Côtes, indices évidens d’un Continent. Dans tous les voyages faits dece côté-Ià, en faisant cours vers FOrient entre l’Afrique&1’Amérique,dansune étendue de quarante-huit degrés, on a observé des indices continuelsde Terres voisines : ce qui prouve que le Continent Austral est séparé desautres parties du Globe, c’est qu’on a fait le tour du Globe parallèlement àTEquateur, en laissant toujours le Continent Austral à côté. De-là vient• que l’on n’a pas vu encore de preuves démonstratives, que f Amérique soitcontigue à la Russie Asiatique, du côté de la Californie. Mais pour donner ■une idée plus juste de ce sujet, & pour fournir les matériaux nécessaires àde nouvelles découvertes, nous ferons un abrégé fidele des principaux vo-yages du côté du Sud , & nous ajouterons les réflexions qui naissentnaturellement des faits, fans tordre rien en preuve d’une hypothèse fa-vorite (f).
Ou*
(*) Ce Pays est si peu connu, que quelques Auteurs te prennent pour une partie de l’A*mérique; d’autres pour un grand Archipel, & un ou deux autres pour une cinquième Par-tie du Globe. Dampìer allure positivement qu’il ne communique nulle part avec l’A-fíe, P Afrique & l’Amérique. On verra dans la fuite pourquoi nous rappelions un Con-tinent.
(t; Noirs donnons le nom de Contineftt Austral à cette partie qui est au-delà des troispointes méridionales du Monde connu, c'est-à-dire au-delà du Gap de Bonne-Efpérance,des Molucques & de l’Isle Célebes, & du Détroit de Magellan; espace qui comprend en-viron huit ou dix millions de lieues quarrées, ce qui est plus qu’une des autres parties duGlobe. 11 n’est pas possible de supposer une si vaste étendue de Mer, sans qu’il y ait unContinent & môme un Continent fort étendu, auSuddel’Asie, pour conserver le juste& nécessaire équilibre au Globe dans fa rotation. Que l’on examine les deux Hémisphè-res, coupés par l’Equateur, & non par le Méridien, & l’on fera étonné de trouver uneíîgrande étendue de terres dans l’un, & 0 peu dans l’autre. On verra par l’examen dutout, qu’il n’y a qu’un Continent de cent-vingt degrés, séparé par l’Océan Atlantiqued’un côté, tandis que de l’autre il reste une masse d’eau de deux-cens-quarante degrés, par-semée feulement de quelques petites Isles. De-Ià on peut conclure que le poids de \'Bé-tóiiphere Arctique ne seroit nullement proportionné à celui de l’Hemisphere Antarctique,