HIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Chap. XII. 305ture (*); ce qui fait qu’ils font souvent divisés entre eux par de fréquentes Sectionquerelles. Leurs armes font lare, des fléchés, des bâtons, des lances, des ^ LZagayes de bois. Ils ne fe couvrent le corps que depuis la ceinture jusqu’au dàmÌl7 Smilieu des cuisses, du reste ils ont assez de foin de fe tenir propres; ils font tes des''gais, accessibles, & doux lorfqu’on en use bien avec eux. Leurs maisons Terresfont de bois, couvertes de feuilles de palmier, ils font des pots dune terre Australesqu’ils fechent au Soleil ; ils font des couteaux, des ciseaux , des scies & &c 'd’autres ustensiles de nacre ; ce qui prouve qu’ils ne font pas aussi ignorans ~dans les Arts que Ouiros le prétend ; d’autant plus qu’il avoue qu’ils saventfabriquer des toiles & faire des cordes. 11s ont des Barques fort bien con-struites pour aller à la rame & à la voile, & qui voguent avec une grandevitesse ; preuve évidente qu’ils confinent à des Nations civilisées, ou qu’ilsont eux-mêmes fait quelques progrès dans les Arts (a).
Ils ont en abondance trois fortes de racines, dont ils font leur pain fans Tr» lue-travail, & qui est d assez bon goût. Le Pays abonde en bons fruits , iiom -on y trouve des amandes, des cocos, des citrons, des oranges, des guya-ves, & des mangos. Us tirent des palmiers une liqueur qui ressemble auvin, & qui en approche ; ils en font du vinaigre, & une forte de miel parévaporation. Ils ont des cocotiers, dont le fruit leur fournit à manger &à boire, outre une huile bonne à brûler, qui fort de la coque exposée auSoleil. 11 paroît par la longue description qu’il fait de ce fruit, que c’est lanoix de cocos, dont il parle comme d’un fruit différent dans un autre endroitde son Mémoire. Ils font des voiles pour de petites Barques des feuillesde palmier, & une efpece de nattes fort propres, pour servir à couvrirle plancher ou de tapisserie. Ouiros assure aussi qu’il a vu chez eux des me-lons, des pommes, des poires, & d’autres fruits d’Europe, meilleurs à pro-portion de la chaleur du climat, bien-que ce ne soit pas là une réglé géné-rale. 11 a même goûté leurs feves, qui avec le. porc du Pays' font un fortbon plat. II y a beaucoup de poules & de chapons, car ils ont Vusage dechâtrer, des perdrix, des canards, des pigeons, des tourterelles, des ra-miers, des vaches, des bœufs, des chevres. La mer abonde en toute for-te de poisson, desorte que FEquipage de Quiros en vécut pendant le séjourqu’il fit dans ses parages. Us y trouvèrent des noix muscades, du macis,du gingembre, du poivre, dont ils en porterent au Mexique, & il fe trou-va à tous égards semblable à celui des Molucques. U parle aussi de canelle,
& dit qu’il est à croire que le doux de gérotìe n’y manque pas, puifqu’ilproduit les autres épiceries, & que cette Région n’estpas éloignée du pa-rallèle de Ternate, de Banda & des autres Molucques ; raisonnement quin’est pas fans vraisemblance. IIy a aussi dequoi faire des cordes & des voi-les , des bois de différentes efpeces, entre autres de l’Ebene ; il fait mentiond’une forte de goudron qu’on tire du cocos, qui peut servir pour eípalmer
les
(a) Pur chas, T. IV. p. 1423 .
(*) 11 faut remarquer que Quiros parle des Peuples qui habitoient vers les quinze degrésHilarante minutes de Latitude, où il entra ea divers ses Bayes du Continent,
Tome VIII. Q q
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