3o* HIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Chap. XII.'Section deux Vaisseaux bien pourvus de tout ce qui étoit nécessaire pour une pareilleL/ entreprise. Quiros , nonobstant les cruels travaux qu’il avoit déja essuyés du-décerner- rant onZe âées, s’en chargea; on en verra le succès par l’extrait du Mé-us des moire qu’il présenta à la Cour d’Espagne à son retour (a).
Terres Les Terres,dit-il, nouvellement découvertes, font au Sud de l’Equateur,Australes â ] eiir grandeur égale celle de l’Europe entiere & de l’Alìe Mineure ; ellesôì f on t étendues en partie fous la Zone Torride, & par cette raison il croitExtrais qu elles abondent en richesses. Elles font, dit-il, une quatrième partie dudu ivJêmoi- Globe terrestre, assertion que nous ne comprenons pas bien, à moins qu’il-représentés compte l’Europe , l’Asie. & l’Afrique pour une partie, les Indes Orien-ta ^ es pour la seconde, l’Amérique pour la troisième, & le Pays nouvelle-Quiros. ment découvert pour la quatrième (*). Quant à son étendue, il n’a con-nu par lui-même que jusqu’au quinzième degré de Latitude Méridionale ,mais fur ce que de Torres & Mindana ont observé il conjecture que le Pavspeut avoir quatrevingt-dix. degrés de largeur. Les habitans -vers le quin-zième degré font de diverses couleurs, blancs, noirs, olivâtres. Toute cet-te partie du Monde est fort peuplée & bien cultivée, les habitans fontdoux & traitables, & fort industrieux selon les connoissances qu’ils ont.
. Dans son Journal, qui est perdu & auquel il renvoyé, il fait la descriptiondes plantes, des arbres, des animaux,_des oiseaux, & il donne toute l’Hi-stoire Naturelle du Pays, ’& assure qu’il fournit abondamment tout ce quiest nécessaire á la vie, de for, de forgent, des épiceries & des cannes desucre. II fait la description de la Baye de St. Jaques & St. Philippe, quiest grande &• commode, où il y a un beau Port qu’il nomma Fera Cruz , quipeut contenir mille Vaisseauxdans le voisinage de sept Illes j il fit le tourd’une de ces Istes, qui pouvoit avoir environ cinquante lieues de circuit ;le Port est à quinze degrés quarante minutes de Latitude Méridionale. Qui-ros setend fur les avantages qu’il y auroit à y établir une Colonie, & il in-siste particulièrement fur celui d’unir par-là les vastes domaines de l'Es-pagne dans les Indes Orientales & Occidentales, cette Terre étant entreles unes & les autres, & pouvant procurer le moyen de faire un Commercesûr & avantageux entre ces différens Pays. C’est ce qu’il s’ossrit de démon-trer aux Commissaires qu’il plairoit au Roi de nommer pour examiner l’af-faire, pourvu qu’ils fassent juges compétens, & suffisamment versés dansla Géographie. Nous ignorons si l’on nomma des Commissaires, &si lespropositions de Quiros furent examinées. 1
Quiros II croit que les divers Peuples du Continent Austral font Commerce en-croit que semble, & pour le prouver il dit qu’ils font non seulement de différentesles divers couleurs, mais que les uns ont les cheveux noirs, longs & épars ,& que d’au-ds'L'ares trés * es ont fp a ^ s & crépus ; ils ignorent les Arts, n’ont ni Villes, ni For-Auslrales teresses, ni Loix, ni Souverains, & ils vivent dans cet état de pure Na-font Com- ' tu*
tycrceen- ( a ) Hist. des Navigations, T. I. p. 104.
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( (*) Dans l’Extrait du Mémoire de Quiros, qui sc trouve dans VHistoire Générale des Fc-yfiges T. XVI. p. si, on lit que ces Terres font la cinquième partie du Globe terrestre.Rem. du Trad.