s 10 I-IIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Chap. XII.Section ne autre arme, au bout de laquelle il y avoit comme des branches ou desH. épines; ils avoient encore des frondes, dont ils jettoient des pierres, maisDécouvcr- jj s ne y e ff eren t personne. On ne leur vit point d’arcs & de fléchés. OnT-rsNa- vit des femmes, qui vinrent prendre les hommes à la gorge, en faisant devigateurs. grands cris; on crut que c’étoit qu’elles vouloient les faire retirer. Voyant
•- qu’il n’y avoit rien à faire avec ces Sauvages, ils retournèrent à bord, & on
remit à la voile. Cette Ifle est à cent lieues de celle des Chiens (a).
Water- Le 1< 5 , ils virent une autre Ifle à quinze lieues de celle qu ils venoìent deland. quitter ; le milieu en étoit inondé, mais tout autour il y avoit des arbres. Ilsy trouvèrent un peu d’eau douce, de la même herbe ressemblante au cressonqu’ils avoient rencontrée dans fille des Chiens, avec quelques écrevices, descoquillages & des limaçons de bon goût. On donna à cette Ifle le nom dsWaterland ou Pays d’eau.
Isle des Le 18, ils apperçurent une autre Ifle basse, à vingt lieues de la précé-Mouches. dente, & l’on trouva le long de la côte un fond de quarante brasses. On en-voya la Chaloupe chercher de seau ; ceux qui la montoient virent cinq ousix Sauvages. II y avoit dans l’Iíle beaucoup d’arbres fort verds, & elle étoitaussi inondée d’eau salée en divers endroits. La prodigieuse quantité demouches qu’ils trouvèrent, les empêcha de remplir leurs banques, & ils fu-rent obligés de s’en retourner tout couverts de ces infectes. Ils nommè-rent cette Ifle Y Ifle des Mouches , & reprirent Je large fans faire d’autres_ observations. Quand ils furent à quinze degrés, quatre minutes, quel-ques-uns crûrent qu’ils étoient encore à deux-cens-cinquante lieues de la Ter-re Australe (b).
Le 9 de Mai ils étoient à quinze degrés, vingt minutes, & à quinze-rf’lndiens cens-dix lieues des côtes du Pérou, selon f estime. Ils découvrirent à midiprise* jà., une Barque, qui passa par le travers du Vaisseau portant au Nord. Le Na-vire fit feu fur elle pour la faire amener, mais fans effet. On envoya alorsla Chaloupe avec des gens armés pour s’en saisir, comme ils firent,- ils ytrouvèrent vingt-trois hommes avec quelques femmes & quelques enfans.11s étoient tout rouges & nuds, ayant seulement quelques mouchoirs detoile pour couvrir les parties naturelles. Le Bâtiment qu’ils navigeoientétoit d’une structure fort singulière, mais très-propre à voguer. On n’ytrouva que des hameçons pour pêcher, dont le haut étoit de pierre, &le bas d’un os noir, ou d’écaille de tortue & de nacre de perles. A--, près avoir tâché d’en tirer quelques lumières , & les avoir traités avec
beaucoup de douceur, on leur donna la liberté, & ils prirent leur coursau Sud-Est (c).
jjle dc Co- Le ii nos Voyageurs fe trouvèrent proche d’une Ifle fort haute, à deu£cos ô? des lieues de laquelle au Sud il y en avoit encore une autre basse, qui paroisse^Traîtres.! pj us f ert j] e _ p r è s de cette Ifle une autre Barque vint à eux avec une gran-de vitesse, un homme la gouvernant avec deux rames à Parriere. Cette
Isl*
(«) Là-même, p. 144, 145.(b) Jbid. p. 145 & siiiv.
(0 Voy. la fuite de la Relatios.