320 IIÍST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Chap. XII.Section y ayant voulu mettre du monde à terre , des hommes d une taille gigatl*ÏM II. tefque s’y étoient opposés, au-lìeu que Pelsart ne rencontra d’autre ob-Décou Rade ' que les rochers , & ne vit d’autres habitans que quelques pauvresvenNa- Sauvages nuds & timides, d’une taille ordinaire. Cela sert à confirmervigateurs. nos premières conjectures, ces contes fabuleux n’étant destinés qu’à em-——°— pêcher d’autres Nations d’aller dans ces Mers, & de faire des découver-tes dans le Continent. Ce q?.i fournit de nouvelles preuves, c’est la con-duite des Hollandois en général , & l’air de mystère qu’ils donnèrent ausuccès du Vaisseau, qui toucha à la Terre de Carpentier, à la hauteur dedix degrés trente-six minutes de Latitude Méridionale, & qui revint avecbeaucoup d'or, d’épiceries & d’autres marchandises de prix. Pour quecette avanture n’engageât pas d’autres Nations d’y aller, les Hollandoispublièrent que cette cargaison n’étoit pas du produit de la Nouvelle Hol-lande , mais que l’on avoit sauvé d’un Vaisseau qui avoit fait naufragefur les côtes , bien - que cela fût contredit par le rapport des Officiers& de l’équipage , à qui le Gouverneur impoía silence. Ces discours spé-cieux furent néanmoins accrédités par d’autres Vaisseaux, qui dans la fui-te assurèrent avoir été repoussés fur cette côte. Mais comme on n’a ja-mais donné au Public des Journaux exacts & bien attestés, on ne peutgueres ajouter foi à des Histoires qui fe contredisent, & qui sont dé-menties par la Relation de Pelsart , mais qui s’accordent parfaitement a-vec les intérêts & les vues de la Compagnie Hollandoise des Indes O-rientales. Le grand but de cette Compagnie a toujours été d’être maî-tresse du plus riche Commerce des Indes, & non feulement d’en exclureles autres Nations, mais encore de les empêcher de faire des découver-tes qui puissent nuire à son Commerce. Elle a aussi pour maxime de fai-re des Molucques & des Isles qui en dépendent, une frontière qui em-pêche les Etrangers, & les Hollandois qui ne font pas de son corps, denaviger sûrement dans ces Mers, & d’avoir connoissance des rades, des ha-bitans & de la fertilité du terroir du Continent. II paroît par-là quela Compagnie est persuadée qu’elle a autant de Terres & de Commercequ’elle en peut défendre & conduire , & que ce feroit en diminuer lavaleur que de les étendre davantage, II n’y a donc que le déclin de sonCommerce des Indes Orientales , ou f appréhension que d’autres Nationsne profitent de son indolence , qui puisse l’engager de tâcher de fairedes Etablissemens dans les Terres Australes , ou de plus grandes décou-vertes dans la Nouvelle Hollande, la Nouvelle Guinée, ou dans les Islesvoisines.
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