HIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Chap. XII. 3I p
aller chercher de l’eau dont on manquoít. Ayant pris hauteur, il trouva Sectïohvingt-huìt degrés, treize minutes: bientôt il eut la vue d’une Côte, qu’il Jl.prit pour la Terre ferme j s’en étant approché le lendemain 9 de Juin, il latrouva balle, fans arbres & pleine de rochers, à peu près de même hau- verS Ma-leur que la Côte de Douvres en Angleterre. íl apperçut une petite anse a- vìgatamvec un fond de fable, dans laquelle il voulut entrer, mais la mer y brifoitsi rudement, qu’il fut obligé de s'éloigner fans pouvoir approcher de terre.
Il courut de même inutilement cette côte pendant trois jours, allant anNord, fans pouvoir saborder, tant elle ctoit escarpée, & fans appercevoir■aucune anse. Le 13 de Juin il prit hauteur de vingt-cinq degrés, quaranteminutes, vis-à-vis d’une côte escarpée de rochers rouges de la même éléva-tion, contre laquelle la vague sc rompoit fortement. La te rre paroissoit deloin fertile & pleine d’herbe. Enfin le 14, à vingt-quatre degrés, il apper-çut de la fumée. La Chaloupe rama promptement vers cet endroit dansl’efpérance d’y trouver des hommes, & par conséquent de l’eau. Mais elley trouva la côte escarpée, pleine de rochers, & la mer assez grosse pour luiôter tout moyen d’y aborder. Dans cette extrémité six Matelots, se fiantfur leur adresse à nager, sautèrent hors du bord & gagnèrent la terre avecdes peines infinies, la Chaloupe restant à l’ancre. Les Matelots cherche-rent de l’eau pendant tout le jour, & apperçurent quatre Sauvages qui s’ap-prochoient d’eux, marchant à quatre pattes. Un .Hollandois ayant paruproche d’eux, ils se ieverent de bout & prirent la fuite, enforte que ceuxmêmes qui étoient dans la Chaloupe les virent distinctement. Ils étoientnoirs, tout-à-fait nuds, n’étant pas même couverts au-dessous de la cein-ture. Les six Matelots n’ayant point trouvé d’eau regagnèrent la Chalou-pe. Le 15 Pelfarî découvrit entre deux Caps un petit Golphe qu’il pritpour une crique, mais ce n étoit qu un cul-de-iac formé par une chaîne derochers escarpes. Plus loin il trouva d autres ouvertures, où la mer moinsagitée permit à ses gens de prendre terre près d’une longue plage de fable.
On fe mit aussitôt à creuser des puits, fans succès néanmoins, car l’c iu setrouva salée, mais par bonheur on trouva dans un creux de rocher quelqueeau de pluie. Ils trouvèrent aussi fur le fable au même endroit du bois brû-lé , des cendres, & quelques restes d’éerevisses grillées.
La terre au-delà des rochers de la côte étoit une rase campagne , fansherbes ni arbres, où ils ne virent que des fourmiliieres st élevées & si gros- 'ses, qu’ils les prirent de loin pour des huttes. Les mouches y étoient en sigrand nombre , qu’ils ne favoient comment s’en défendre. Ils apperçu-rent huit Sauvages chacun un bâton à la main,qui prirent la fuite dèsqu’onMoulut aller à leur rencontre. Ayant donc perdu F espérance de trouver deseau ils sc rembarquèrent, & prirent enfin la route de Batavia.
Nous observerons seulement sur cette Relation, qu’il est certain par la Réflexionsituation de la côte, que ce ne peut être que celle de la Nouvelle Hollande, M i<* B*.que l’on n’avoit pas bien reconnue jufqu’à ce tems-là. II est vrai qu’on■débité certaines choses fur les habitans, dont la Relation de Pelfarî prou- "
■y.e la fausseté. On a dit que quelques Vaisseaux des Judes Hollandois
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