IIIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Chap. XII. 32p
mencerent à devenir plus hardis & plus familiers, jufques-là qu’ils osèrent Sectionvenir à bord du Heemskerk pour y faire des échanges. Tasman s’en étant M.apperçu, & craignant quelque surprise de la part de ces gens-là, il envoya t s{s r jfj afa Chaloupe avec sept hommes, pour avertir ceux du Heemskerk de ne se pas Nouvelletrop fier à eux. Les sept hommes, qui étoient fans armes, furent attaqués Hollandepar ces Sauvages, qui en tuerent trois & forcerent les autres de se sauver àla nage, ce qui fit nommer cet endroit la Baye des JJsasjtns. Cette Terre pa- 11rut bonne, fertile & bien située (a).
Etant à trente-quatre degrés trente - cinq minutes de Latitude du Sud & Jstedes _à cent-quatrevingt onze degrés neuf minutes de Longitude, Tasman trou- troisRoiî 'va une Iíle fur cette côte, qu’on nomma 1 ' j fie ícs trois Rois. S’en étant ap-prochés, ils apperçurent fur la montague trente ou trente-cina personnes,qui étoient d’une taille fort haute, autant qu’on en put juger de loin, &qui avoient de gros bâtons. Ils crioient d’une voix haute & forte, maison ne put comprendre ce qu’ils vouloient. On remarqua que ces Insulairesfaisoient de fort grands pas en marchant. On fit le tour de l’Isle fans y dé-couvrir que peu d’habitans, mais point de terres cultivées. On y trouvaune Rivière d’eau douce (b).
A vingt-deux degrés trente-cinq minutes de Latitude du Sud, & à V e ' desdeux-cens quatre degrés quinze minutes de Longitude, on découvrit une i" ou-ille , qui avoit environ deux ou trois milles de circuit, élevée, escarpée & °
ILérile, autant qu’on en put juger ; le vent ne permit pas d’en approcher.
On la nomma l’ifle des Pyljlaerî ou des Plongeons , à cause du grand nombrede ces oiseaux qu’on y voit (c).
Le lendemain on découvrit deux autres Isles, & l’on s’approcha de la Ife < T à-plus septentrionale, la plus grande des deux, mais qui n’est pas haute ; on lìeàiu.la nomma /Jmjlerdam. Nos Hollandois y trouvèrent quantité de cochons,de poules, & de toutes sortes de fruits. Les Insulaires n’avoient point d ar-mes , & parurent assez doux & bienfaifans, mais ils ne laislërent pas de vo-ler les Hollandois. Au reste il ne faut pas confondre cette Isle avec uneautre du même nom, qui est par les trente-fept degrés quarante-huit mi-nutes de Latitude Méridionale, & par les quatrevingt-quinze degrés qua-rante-quatre minutes de Longitude. Celle-ci est fi remplie de brossassesqu’on ne peut que difficilement s’y frayer un passage. Vlaming , qui yaborda en 1696, n’y trouva ni hommes ni bestiaux, mais seulement quel-ques oiseaux & des chiens marins. Le terrein est marécageux à trois piedsde profondeur fur le roc, qui approche de la pierre ponce, ce qui fait queles arbres n’y peuvent croître, ni prendre de profondes racines (d).
L’autre Iíle découverte par Tasman fut nommée Rotterdam ; il y relâcha Isa deaussi Les Insulaires ressemblent à ceux d’Amsterdam. Us font doux & R otter-n’ent point d’armes, mais ils font grands voleurs. On y fit de J’eau, & da;a 'on y trouva quelques autres rafraîchissemens. II y a quantité de cocotiers,
plan-
(a) Relat. de Tasman , «bi sup, p. 207-
209.
O) Ibid. p. 210.
Tome VIII.
(c) Ibid. p. 212.
{d) Ibid. p 212, 213. Hist. Gân. desVoyages, T. XVI. p. 80. m 4to.
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