HIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Chap. XII. SS3
mais ils n’y firent pas grand commerce. Le Roi les avertit d’un complot Sectionformé pour les massacrer entre l’Orancaye de Roumakai & ceux d’Iserai ; il m.ajoutoit que l’Orancaye avoit reçu de ces derniers la tête d’un des HoJlan- De f cri 'P-dois tués; qu’ils avoient mangé celles des deux autres jusqu’aux os , au Nouvellemilieu des plus grandes démonstrations de joie ; & qu’il s’étoit attiré la guer- Hollandere avec eux, pour n’avoir point voulu entrer dans cette conspiration (a). &c.
Puisque nous venons de parler du Roi d’Onin, disons un mot de son 1 " 1Pays. A en juger par l’extérieur, il est fort íàuvage, inculte, & rempli de mon- P - aystagnes & de rochers en plusieurs endroits. On y trouve peu d’arbres frui- mn *tiers ; les principaux qu’on y vit font une espece de muscadiers, dont ontrouva les noix fort inférieures à celles de Banda, encore n’y avoit - il quedeux ou trois de ces arbres dans les environs ; on y a auffi l’arbre qui portele Majsoy , & des dattiers des Indes. Les bois étoient remplis de toutessortes d’oiseaux, dont le ramage étoit aussi agréable qu’extraordinaire. Leclimat est fort tempéré, «St les brouillards y íont fréquens. Le matin on yavoit ordinairement beau tems, mais l’après-midi le ciel se couvroit de grosnuages, qui donnoient le soir une pluie abondante. Le rivage fournit as-sez d’eau douce, qui est fort bonne (b) : ce Pays, qui est à dix ou douzelieues de Roumakai, ne fournit au Commerce que de grandes Martavanes& de la Vaisselle de terre peinte avec des figures , qu’on y reçoit d’autresPeuples, qui habitent plus haut en remontant la Riviere (c). Le Peuple vitprincipalement de la pêche: les habitans paroissent assez traitables, aveccela il ne faut pas trop s’y fier. Leurs armes font des sabres de différentesespeces, auxquels ils joignent Tare & la fléché, la lance & des javelinesdentelées. Les deux principales Habitations de ce Pays Rappellent Fataga& Roumah-Batì, à une lieue & demie l’une de l’autre. En 1678 on yétoit soumis à deux Souverains, dont le premier faisoit sa résidence à Rou-mah-Bati, & le second à Fataga; ils se nommoient Majsalouva & J tes.
Le pere du dernier, nommé Radja Tabowan , avoit été défait, dix ansauparavant, avec trois ou quatre-cens hommes, par les Insulaires de l’Iflede Caras , & la guerre duroit encore. Ces deux Chefs étant fort jeunes, •l’autorité étoit partagée entre leurs principaux Orancayes ; mais les Insulai-res de Keffing les tenoient dans une espece de dépendance, sur-tout parrapport au Commerce, dont les deux principaux articles font le Mas-% & Jes Esclaves (d).
Vis-à-vis de l’Ifle de Caras au Nord, la côte forme une grande Baye, Baye desitte Keyts nomma la Baye de Ryklof van Goens. Les terres qui règnent au- vanGoeratour de cette Baye font fort basses, à l’exception des deux pointes; au Sud & b Iflcs de
Nord de son entrée on compte trois Iíles habitées, Canì , Batour & Caras ‘Caras. Au côté occidental de celle du milieu, il y a une rade sûre qui pour-rit contenir mille Navires. Sa situation est à trois degrés vingt-six minutes
Latitude Méridionale. Lajurisdiction d’Onin, que les habitans nommentffengomn Soholot , se termine à la pointe du Nord-Ouëst, & celle des In-"daires s’étend fur le Golphe jufqu’à Coveay on Cubiuy , qui commence à
la
0 ») Hist. des Voyages 1 . c. p. 76. (t) Ibid p. 77. (c) Ibid p. 75. (d) Ibid p. 77 -
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