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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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3<5o HIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Chap. XII.Section tion formé une forte présomption en faveur de la vérité de la descriptionIV. quen fait le zélé Découvreur ._ Le Capitaine Dampier parle à peu près furNégligan- | e m .g m e ton du Pays des environs du Cap St. George & du Port de Mounta-cedes Es- ^ ue , ma j S p nomme moins de riches productions, ce qui vient vraisembla-}uf!tdcs U blement de ce quil ne prit quune connoissance superficielle de cette Terre ;Terres au-lieu que de Quir os fit quelque séjour dans les lieux dont il fait la descrip-Australes, tion, & eut par- plus doccasions den connoître les productions. Schouten& c - & Tajman parlent aufii du gingembre & des muscades, aussi - bien que des

noix de cocos & des pifangs quils virent fur la côte. On ne peut simagi-ner que tous ces Navigateurs fe soient trompés, ou quils fe soient accordésdans le dessein de tromper le Public & den imposer à leurs Lecteurs. Lac-cord parfait quil y a entre leurs Relations, la situation du Continent, lesarbres du Pays & les poissions de la Côte, lon fait que les productionsdont il sagit abondent dans fintérieur des Terres, indiquent fortementune parfaite conformité en tout, & ne permettent pas de douter de la bon-ne foi de ces Voyageurs & de la vérité de leurs récits.

Si les Ifles de Sumatra , de Java & de Bornéo abondent en pierres pré-cieuses , & en dautres marchandises de prix, & les Molucques en épiceries,la Nouvelle Guinée & les Pays qui font au-delà, doivent par parité de rai-son être également favorisées de la Nature. Si Fille de Madagascar estsi belle, & est un Pays aussi admirable que tous les Auteurs le disent ; stfor, lyvoire & dautres denrées de grande valeur font communes dans lapartie méridionale de F Afrique depuis Melinde jufquau Cap de Bonne-Espérance, & delà plus loin jusquau Cap Gonzalez; k Nouvelle Zélande,la Nouvelle Hollande & la Carpentarie sont dans les mêmes parallèles. Si lePérou est abondant en argent, si toutes les montagnes du Chili font rempliesde mines dor, le Brésil de toutes fortes de richesses, le Continent dontnous parlons a lavantage dêtre dans la même position ; & par conséquentceux qui en feront parfaitement la découverte, & qui y établiront des Co-lonies , occuperont infailliblement des Pays aussi riches, aussi fertiles, &aussi profitables que les Molucques, le Cap de Bonne-Efpérance, le Pérou,le Chili ou le Brésil, en un mot quaucun des Pays que lon ait découvertjusquici sur notre Globe.

Quant à la possibilité dy former des Colonies & dy faire des Etablisse-mens, nous avouons qu'à la premiere vue il semble y avoir de grandes dif-ficultés pour tous les Européens, à la réserve des HoJJandois & des Espa-gnols. Les premiers peuvent aisément sétablir ils voudroient, en par-tant de Batavia, les Molucques, & même du Cap de Bonne-Efpérance. Maiscomme ils semblent savoir négligé depuis près dun siecle, il ny a aucuneraison de prétendre questeur conduite doive servir de réglé à dautres Na-tions. II y auroit aussi de l'absurdité à redouter le ressentiment des Istollan-dois, parce quon entreprendrait de mettre à profit des Terres, quils ontdepuis si longtems laissées à labandon, & désertes, au moins à légard delEurope. La puissance des Hollandois aux Indes Orientales est certaine-ment grande; mais la supériorité de la Marine de la Grande-Bretagne,sou-tenue du courage de la Nationales tiendroit en respect & mettrait les Colo-nies