3<5o HIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Chap. XII.Section tion formé une forte présomption en faveur de la vérité de la descriptionIV. qu’en fait le zélé Découvreur ._ Le Capitaine Dampier parle à peu près furNégligan- | e m .g m e ton du Pays des environs du Cap St. George & du Port de Mounta-cedes Es- ^ ue , ma j S p nomme moins de riches productions, ce qui vient vraisembla-}uf!tdcs U blement de ce qu’il ne prit qu’une connoissance superficielle de cette Terre ;Terres au-lieu que de Quir os fit quelque séjour dans les lieux dont il fait la descrip-Australes, tion, & eut par-là plus d’occasions d’en connoître les productions. Schouten& c - & Tajman parlent aufii du gingembre & des muscades, aussi - bien que des
noix de cocos & des pifangs qu’ils virent fur la côte. On ne peut s’imagi-ner que tous ces Navigateurs fe soient trompés, ou qu’ils fe soient accordésdans le dessein de tromper le Public & d’en imposer à leurs Lecteurs. L’ac-cord parfait qu’il y a entre leurs Relations, la situation du Continent, lesarbres du Pays & les poissions de la Côte, où l’on fait que les productionsdont il s’agit abondent dans fintérieur des Terres, indiquent fortementune parfaite conformité en tout, & ne permettent pas de douter de la bon-ne foi de ces Voyageurs & de la vérité de leurs récits.
Si les Ifles de Sumatra , de Java & de Bornéo abondent en pierres pré-cieuses , & en d’autres marchandises de prix, & les Molucques en épiceries,la Nouvelle Guinée & les Pays qui font au-delà, doivent par parité de rai-son être également favorisées de la Nature. Si Fille de Madagascar estsi belle, & est un Pays aussi admirable que tous les Auteurs le disent ; stfor, l’yvoire & d’autres denrées de grande valeur font communes dans lapartie méridionale de F Afrique depuis Melinde jufqu’au Cap de Bonne-Espérance, & delà plus loin jusqu’au Cap Gonzalez; k Nouvelle Zélande,la Nouvelle Hollande & la Carpentarie sont dans les mêmes parallèles. Si lePérou est abondant en argent, si toutes les montagnes du Chili font rempliesde mines d’or, le Brésil de toutes fortes de richesses, le Continent dontnous parlons a l’avantage d’être dans la même position ; & par conséquentceux qui en feront parfaitement la découverte, & qui y établiront des Co-lonies , occuperont infailliblement des Pays aussi riches, aussi fertiles, &aussi profitables que les Molucques, le Cap de Bonne-Efpérance, le Pérou,le Chili ou le Brésil, en un mot qu’aucun des Pays que l’on ait découvertjusqu’ici sur notre Globe.
Quant à la possibilité d’y former des Colonies & d’y faire des Etablisse-mens, nous avouons qu'à la premiere vue il semble y avoir de grandes dif-ficultés pour tous les Européens, à la réserve des HoJJandois & des Espa-gnols. Les premiers peuvent aisément s’établir où ils voudroient, en par-tant de Batavia, les Molucques, & même du Cap de Bonne-Efpérance. Maiscomme ils semblent savoir négligé depuis près d’un siecle, il n’y a aucuneraison de prétendre questeur conduite doive servir de réglé à d’autres Na-tions. II y auroit aussi de l'absurdité à redouter le ressentiment des Istollan-dois, parce qu’on entreprendrait de mettre à profit des Terres, qu’ils ontdepuis si longtems laissées à l’abandon, & désertes, au moins à l’égard del’Europe. La puissance des Hollandois aux Indes Orientales est certaine-ment grande; mais la supériorité de la Marine de la Grande-Bretagne,sou-tenue du courage de la Nationales tiendroit en respect & mettrait les Colo-nies