HIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Chap. XII. z6rnies en sûreté. On ne peut douter que la Compagnie Hollandoise des In- Skctiohdes Orientales n’eût de la jalousie d’un tel Etablissement, & qu’elle né fît ^J-tons ses efforts pour en empêcher le succès, son procédé envers la Com- l ccpagnie des Indes Occidentales en 1722 & 1723 le prouve. Mais faut-il pagnols^aPour cela que nous demeurions les bras croisés, & que nous nous laissions sujet desintimider par une Compagnie ? Nous avons sujet de bénir Dieu, de ce que T cl n eS inous sommes gouvernés par un Roi qui a toujours eu également à cœur le racs
bonheur de ses Sujets & le maintien de la dignité de fa Couronne ; qui n’est__
Point engagé dans des liaisons avec la Hollande, ni avec aucune autre Puis-sance maritime, qui puissent être préjudiciables au Commerce de la Grande-íhetagne. Si les mesures foibles & timides d’un Ministère nous ont fait re-noncer au Commerce des Molucques, la vigueur, la probité & le zele desMinistres d’à-présent offrent la plus belle occasion de réparer cette perte, &de porter un coup plus fâcheux à la Hollande, que ne font fait toutes nosFlottes fous le Protectorat de Cromwel, & fous le Régné indolent de Char-les II. Les conséquences de la tragique affaire d’Amboine & de Puloway -n’ont peut-être pas cessé depuis une si longue fuite d’années jusqu’à-présent.
Le s Hollandois ont toujours gardé ces Iíles, & se sont rendus maîtres duCommerce des Epiceries. Cette longue possession leur a donné une especede droit, qu’il seroit peut - être dangereux & coûteux de leur disputer,pareequ’ils ont de fortes Garnisons dans leurs divers Etablissemens des IndesOrientales. Mais ils ne peuvent prétendre à aucun droit exclusif par rap-port aux Pays qui font au Sud de la Ligne, & quand ils y prétendraient ilsfte pourraient le soutenir. Le démêlé de la Compagnie des Indes Orienta-les avec celle des Indes Occidentales, fait voir quel est le sentiment géné-ral de la Nation touchant les droits de la Compagnie des Indes Orientales.
Les Commissaires , qui étoient tous Jurisconsultes , aussi versés dans leCommerce que íàvans dans les Loix , prononcèrent clairement contre elle,bien-que le crédit de cette Compagnie ait empêché celle des Indes Occi-dentales de profiter de la sentence prononcée en sa faveur. Nous n’avonsrien à craindre à cet égard , nos Flottes & nos Armées aussi bien que lajustice de l’entreprife nous serviraient de défense.
Nous ne pouvons rien faire ici déplus utile, que de donner un Extrait Raisonsde ce que l’Auteur du Recueil des Voyages de Harris dit fur ce sujet. Nous RétablirUous flattons que le bon - sens, le zele pour le Bien public, & la profondec pnnoissance du Commerce qui brillent à chaque page de ce judicieux Histo- ( j es c 0 i 0 -J 'ien, nous serviront d’excuse. La premiere chose qu’il faudrait faire, ce nies damseroit d’envoyer une Escadre à la Terre de van Diemen, & de - là le long Iei Terresde la Côte de la Nouvelle Guinée, en suivant la même route que le Capi- Australes.Line Tasman. Par-là ceux qui entreprendraient la découverte, acquerraientUne connoissance certaine des Marchandises & des Havres du Continent Au*
■dral, & de la maniéré d’y ouvrir le Commerce. Une pareille expéditionPourroit se faire, sans qu’il en coûtât beaucoup à la Compagnie des In-des , dans l’espace de huit mois; il n’est pas même fans apparence, que sie Gouvernement se voyoit une fois en paix, & qu’il tournât ses vues fure Commerce, on ne pût l’engager à faire une pareille expédition aux dé-Tms VIII. Z z Pfiis