372 HIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Chap. XII.
SiiCTiow Quant à l’Astronomie, Hîpparque fut le premier qui dressa un Cataloguedes Etoiles fixes, environ cent-cinquante ans avant l’Ere Chrétienne. Lecelles’ 1 ' fameux Ptoîémée corrigea ses Tables environ trois-cens ans après, & bâtitEspagnols un Système fur les principes de ce Philosophe, qui a subsisté pendant unau sujet grand nombre d’années, bien-que les siécles suivans ayent reconnu qu’il four-da Terres m j][ 0 ìt d’absurdités & d’erreurs. On a fait des découvertes à la faveur duAustrales Télescope, instrument tout-à-fait inconnu à tìipparque & à Ptoîémée , &même au célébré Danois Tycho Brahé ; cependant ce Philosophe est parve-nu à fixer la véritable Longitude & la Latitude à moins de deux minutesprès,au-lieu que le premier fetrompoit généralement d’un demi degré à Re-gard de Tune & de l’autre ; ce qui, comme tout le monde le fait, fait beau-coup pour la théorie de la Navigation. Mais les Anciens manquoient sur-tout, en ce qu’ilsn’étoient pas en état de déterminer les quatre Points Cardi-naux , & les points intermédiaires, avec quelque degré de précision. N’ayantpoint de caractère certain pour connoîtrele Nord&leSud,ils étoient obli-gés de naviger le long des côtes, ce qui ne leur permettoit pas d’entrepren-dre de grands voyages. De jour ils pouvoient à-la-vérité trouver le Méri-dien par le lever & le coucher du Soleil, & de nuit la grande Ourse, & l’E-toile polaire qui est dans fa queue, leur indiquoient le Nord ; mais un Cielcouvert les privoit de ce secours. Ils avoient encore une autre méthode ,cétoit d'observer le cours qu’ils avoient suivi ; car sachant d’abord de quelpoint ils étoient partis, ils tenoient un journal exact des variations de leurcourse ; méthode ennuyeuse, embarrassée & incertaine , pareequ’une tem-pête , un courant violent, ou quelque autre accident leur faisoit perdre enun moment le fruit de tout leur travail.
Progrès On a remédié à tous ces inconvéniens par l’usage de la Boussole, & paràci à?5^' la théorie subtile de l'Aiguille aimantée ; on connoît la Ligne Méridienne a-T/lstrono- vec autant de facilité que de certitude : le Marinier est en état de quittermu &la l'ancienne & timide maniéré de naviger, de cingler à pleines voiles au mi-A laviga- lieu du vaste Océan, & de fe frayer un chemin aux lieux les plus éloignéstion - du Globe, par la route la plus courte, la plus sûre & la plus convenable.Ç’est ce qui mit les Portugais en état de faire des voyages prodigieux & desdécouvertes dans l’Orient, au commencement du quinzième siecle. Le suc-cès qu’eurent leurs travaux donna lieu à cette fuite de voyages, qui bientôtdevinrent également avantageux au Commerce, à la Société & aux Scien-ces en général. L’Histoire a pris la place des fables des Anciens : orna trou-vé que toutes les parties du Globe font habitées : on a réfuté les opinionssuperstitieuses de l'Antiquité touchant les Géans, les Antropophages, & leshommes dont la tête est plus basse que les épaules: on a reconnu que la dis-proportion entre la Terre & f Eau est moins grande qu’on ne fe l’imaginoit,& que les productions des Zones Torride & Froide font plus riches & deplus grand prix que celles des Zones Tempérées, contre l’opinion générale-Nos Auteurs ont cru qu’il ne feroit pas désagréable au Lecteur, de trouvesl’Histoire des premiers Navigateurs qui ont fait le tour du Monde, comM-réunie fous un seul point de vue ; pareeque par-là il íèroit en état de décès'miner exactement quels font les progrès qu’on a faits dans la théorie de la
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