HIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Chap. Xn. 3 - r
Coutumes, le naturel de ces Peuples & d’autres particularités, les Auteurs SecttonA nglois donnent un précis des travaux des principaux Navigateurs qui ont IV.fait le tour du Monde, comme un supplément utile, disent-ils, à l’Histoire Né s l ’gen-des Indes Orientales & des Terres Australes, & une introduction assez na-E/w no ,turelle à celle de l’Amérique. Le seul article peut-être à l’égard duquel les ausujet *Modernes puissent se vanter de leur supériorité sur les Anciens, au moins à Terrerde leur grande supériorité, c’est la découverte de nouveaux Mondes à la Austra,esfgveur des Mathématiques & de l’Astronomie, d’une connoissance exacte & c ‘de notre Globe, & des progrès de la Navigation, en faisant un bon & '
heureux usage de principes fortuits. C’est ce que nous ne pouvons nousempêcher de regarder comme un des plus glorieux trophées de l’Eíprit hu-main , au moins par rapport à la justesse du raisonnement sur des axiomesune fois reçus, bien-que ces axiomes pussent être. l’effet du hazard. 11 pa-roît évidemment par les Tables Astronomiques, les Calculs d’Eclipses, & pard’autres choses qui nous restent dans les Ouvrages de PtoUmêe , d ’Archimcde& d ’Hipparque, que les Anciens n’avoient point de juste idée de la figurede la Terre; qu’ils étoient fort ignorans dans sAstronomie pratique, &qu’ils dévoient être toujours des enfans en fait de Navigation fans uneconnoissance parfaite des propriétés de l’Aiman. Leurs sentimens fur lafigure de la Terre étoient également différens & absurdes. L’un s’imagi-noit quelle étoit creuse comme un plat, l’autre qu’elle étoit unie commeune table ; celui-ci qu’elle ressembloit à une colonne de pierre , celui-là ,plus extravagant s’il est possible que les autres, disoit qu’elle flottoit commeune bouteille sur seau. Quelques-uns la repréíèntoient de la figure d’untambour, & quelques-uns des plus anciens Ecrivains Chrétiens s’imaginoientque la Terre s’étendoit infiniment par dessous, fondant cette opinion fur l’au-torité de l’Ecriture Sainte, ou pour mieux dire tordant les Livres Sacrés pourappuyer leur frivole conjecture (*). II est évident par cette diversité d’o-pinions, que les Anciens ne pouvoient rien conclurre tant par rapport auxparties inconnues du Globe, qu’à l’égard des moyens d’en faire la découver-te. II faut pour cela avoir une idée juste de la figure de la Terre, fans quoitoute hypothèse ne peut être que frivole & fausse. II est vrai que les Mo-dernes mêmes, après la découverte de l’Amérique & des Indes Orientalesaprès avoir perfectionné la Navigation, inventé la Boussole, & porté lesconnoissances au plus haut point, ont été encore partagés fur la figure de laTerre. Les uns prétendent qu’elle est parfaitement sphérique, d’autres quec’est une sphere applatie. Mais cette différence de sentiment, bien-qu’ellefournisse des explications diveríès de quelques Problèmes curieux d’Aíhrono»mie, n’intìue en aucune façon fur les principes généraux de sAstronomievi sur sart & la théorie de la Navigation. '
Quant
(*) Les Philosophes dont nous avons rapporté les sentimens, suivant I’ordre que noushur Evons donné, sont Démente, Anaxmenc , Anaximandrc , Thalès, Leucippe, Laùan-fe & St. Augustin. On trouve les sentimens de la plupart de ces Sages dans DiogcneLaèrce , & dans les Vies des Philosophes de Stanley. Mais ce seroit une'chose ennuyeuseciter chaque page où ils se trouvent.
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