HIST, DE L’EMPIRE OTHOMAN. Liv. XVIII, Chap. I. 3 g 9
La Critique de Cantlmir paroît porter encore fur ces Annales, quand U Originedit:. „ que le Tavarìkhï al Othman (*) est une des Histoires fabuleuses„ écrites peu de tems après la fondation de l'Empire Turc, d’où quelques„ Auteurs Chrétiens semblent avoir emprunté la Généalogie qu’ils ont don- m ì C n com-„ née des Othomans; mais que ces fables n’ont point eu d’autorité parmi mencemem.„ les Turcs, & même ont été amèrement censurées dans le Tajutteva- 7T~-~s f!e„ rikh (a) Nous conjecturons, que e’est parceqtte ces Annales n'exaltentpas assez la gloire des Othomans, en relevant leur origine par de brillantesmais fausses circonstances, comme l’ont fait les Historiens postérieurs ; carplus les Auteurs font voisins dès tems dont ils écrivent fHistoire, plus il ya lieu de penser qu’ils disent la vérité. Comme les Auteurs nationaux fontnaturellement portés à illustrer l’origine de leur Nation & de leurs Monar-ques , il ny a gueres d’apparence qu’ils suppriment les faits qui font leplus d'honneur à Tune & aux autres,, pour y en substituer d’autres moinshonorables.
Mais quel qu’ait été le motif qui a engagé le Prince Cantïmir â critiquer Son injusteles Annales Othomanes, & les autres Histoires Turques, nous ne pouvonscomprendre„ce qui fa engagé à maltraiter Abuìfarage , ou même d’en par- bulfír^jc.ler.. Parlant des Historiens Chrétiens q,ui ont chargé leurs Ouvrages, enparlant des affaires des Turcs,' de narrations ou absurdes ou mal digérées, ilajoute que tel efl Abuìfarage, dont il suffit de dire , que n’áyant aucun créditparmi les Turcs mêmes , il eft surprenant qu il ait pu cn imposer à tant de Savans }qui ne manquent pas d'ailleurs de pénétration. Assurément cet Auteur doitavoir été entierement inconnu à Cantìmìr , ou il faut qu’il ait pris un autrepour lui ; car en ne lui accordant pas íi l’on veut la qualité dTIistorien,pareeque son Ouvrage n’est qu’un recueil de faits remarquables mis dansxOrdre Chronologique, personne, avant notre Prince Critique, n’a encoretaxé son Abrégé des Dynasties, d’étre un Recueil de narrations ou absurdes oumal digérées ; & il n’y a peut-être gueres d’Ouvrages où l'on trouve moinsde fables , de barbarismes & d’anachronismes, à moins que par fables onn’entende les traditions des Nations, par barbarismes, ìes noms Orientauxdes personnes & des lieux: en ce cas-là fHistoire même du Prince Canîimirest aussi chargée de fables & de barbarismes que celle $ Abuìfarage , qui é-toit un. homme savant, & qui tenoit un rang assez distingué dans l’EglifeSyrienne.. Et tant s’en faut qu’on puiilè I’accufer d’anachronifmes, qu’il n’ya gueres d’Auteurs qui ayent marqué les dates avec plus de foin & d’exactitude.
Ce qui rend cette critique de Cantimir plus inexcusable, & feroit croirequ’il a pris un autre Auteur pour lui, c’est qu Abuìfarage ne dit pas un seul motdes Turcs Othomans dans tout le cours de ses Annales ; & par conséquentc’est fort mal-à-propos que Cantimir en parle, en supposant même. qu’il£ut tel qu’il le dépeint.
II est vrai qu’il a raison de taxer les Auteurs Européens d’être pleins de IIcondûw-
fable' ns à /fo *
O) Cmtimir. Ftéf. p. à '
£*) C’esl-à-dire, V Histoire ou les Annales des Sultans Othmanides . II y a plusieurs Ouvra-ggs qpi-portent.ce titre. Voy. â'Herbdot , p. ìSsio. ' ÍÍV
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