463 HIST. DE L’EMPIRE OTHOMAN. Liv. XVIII. Chap. VII.
I 42 *. moyen par conséquent de l’éviter, c’est de donner , comme nous avons^ " " fait, les divers récits séparément, quand- il n’eft pas possible de les conci-lier: bien persuadés que des Lecteurs judicieux pardonneront plutôt quenous soyons un peu plus prolixes, que si à force d’être concis nous étionsobscurs, & que notre Histoire fût défectueuse. Revenons à présent auxHistoriens Turcs.
Mort de La rébellion étant étouffée, il restoit encore quelques étincelles à éteindreCaranaiii l’incendie. Car aman Ogli Mehemet Beg, ayant appris la défaite de Ba-h jazet , ne douta point que l’Empire Othoman ne tendît à fa ruine, & réso-lut de se saisir au moins d’une partie des Etats d ’ Amurath. II vint assiégerAndalia , dans {'espérance de s’en rendre bientôt maître ; mais ayant été tuéd’un coup de canon, ses Troupes leverent le siégé, après avoir élu un au-tre Chef du même nom que lui. Le Gouverneur d’Andalia, nommé Gain -ze Beg , voyant les assiegeans se retirer en désordre, sortit avec sa Garni-son & les poursuivit. En se mettant en possession de leur camp, il y trou-va Othman Beg , Souverain de Tekke (*), qui étant venu au secours deCaraman, avoit été attaqué d’une maladie aiguë (f), & abandonné dessiens ; Gamze Beg le trouva dans fa tente prêt à rendre le dernier soupir,ce qui ne l’empêcha pas de lui couper la tête , après quoi il s'emparade ses Etats.
Révolte de Amurath étant de retour à Andrinople, songea à régler les affaires deMafia- l’Empire au dedans;mais il en fut empêché par la révolte de son jeune fre-i>ha. re Mustapha Chèlèbì Q) , qui par les artifices des Grecs se souleva en Asie
& s’empara de Nicée, où il n’y avoit qu’une foible garnison ; il s’y fortifiapar le secours des Grecs. Comme à l’exception de quelques Troupes réglées,que ceux-ci lui avoient fournies, le reste de son armée n’étoit composée quede brigands, qui le suivoient pour piller; il n'osa pas paroître en campa-gne, & se renferma dans Nicée, où Ainurath v int l’assieger ; le Sultan at-taqua la place si vivement, qu'elle fut emportée le vingt-cinquieme jour,& son frere ayant été amené prisonnier, il le fit étrangler en sa présence (u).Sìcge de Ducas nous apprend l’occaíion de cette révolte, & avant que d’y venir ilConftan • ra pp 0 rte un trait d’Histoire très-important, que les Historiens Turcs ontin °pe- ì omis. A mur a t h , dit-il, étant remonté au commencement de {'Hiver furieTrône de son pere, fit de grands préparatifs dès le Printems pour le siégéde Constantinople. II y avoit déja longtems que Manuel étant dans un â^efort avancé, s’étoit déchargé fur Jean son fils du poids de {'Empire. Jean,instruit des desseins à'Ainurath, lui envoya des Ambassadeurs, pour tâcher
de
(ù) Cantimir, T. I. p. 243-245.
V) Ce Pays n’eft pas éloigné de Kutahia. Son noin lui vient peut-êtrHequelque 7 cí»ke ou Monastère du voisinage. Othman Beg est peut-être un des descendans des Gouver-neurs Persans (Seljucides), dont on a parlé si souvent. Cantimir .
(t) Turcs prétendent que ce fut un miracle, pour accomplir la prédiction de Sheyhlìekkar. I ant il est vrai que l’hóinme se laisse préoccuper par d’étranges superstitions tCantimir.
(j) C’est le même que Phranzo appelle Mustaphopulus , & qui vint, dit-il, à Constan-tinople après qu’ Amurath en eut levé le siégé, Cantimir .