478 HIST. DE L’EMPIRE OTHOMAN. Ltt. XVH!. Chap. VU. .ìfoiï velles de cette irruption, vole vers T Asie & de'tache d’avance quelques Trou*
4 ‘ 1 pes choiíies, tandis qu’il assemble une armée à Prisse. Ces Troupes ren-
contrèrent la femme de Caraman, sœur ain se d 'Amurath , elle leur comman-de de faire halte jusqu’à ce qu’elie ait vu son frere ; ses larmes & son élo-quence eurent tant dé pouvoir, que le Sultan pardonna à Caraman ; elle pro-mit avec ferment en son nom, de ne jamais souffrir que ses soldats entras-sent furies Terres Othomanes, ni qu’il fe fît rien contre le service du Sultan!
Amurat L’Empire étant en paix de tous côtés, & les Hongrois tranquilles en ver-Ouronneì tu T raití ^ conclu avec eux, Amurath dégoûté des affaires, fe déterminal’an 847 à résigner ì’Empire à son fils Mahomet (*) & fe retira à Magné-sie pour y mener une vie privée. Caraman Ogli, oubliant qu’il avoit obtenuTannée précédente son pardon, crut l’occaíìon favorable pour renverserTEmpire Othoman, dont il méditoit depuis si longtems la ruine : dans. cettévue il écrivit au Roi de Hongrie pour l’exhorter à profiter de la conjonc-ture, l’assurant que s’ils soudoient fur les Terres Othomanes Tun du côtéde l’Europe & l’autre du côté de T Asie, ils extermineroient bientôt tou-te la race Othomane, & auroient la gloire de rétablir tant de Princes in*justement dépouillés.
11 tare- Le Roi de Hongrie venoìt tont récemment , la main posée fur î’Evah-frcnd. de jurer par le corps immortel de Jéíus-Christ,d’obíerver les articles du
Traité fait avec Amurath; mais le Pape lui donna Tabfolution de son fer-ment , & 1 ’engagea à lever une armée, avec laquelle ce Prince marcha con-tre les Turcs, après avoir été renforcé des Troupes auxiliaires de Bohê-me, de Pologne, d’Italie, de Bulgarie, & fur-tout du Prince de ServieVaìak Qglí Les Turcs,effrayés de Pulsion de tant de Nations belliqueuses,
en-
(*) II n’est parlé datis aucun Historien 'Chrétien, ?.u moins dans ceux que j’ai lus,de cette abdication d 'Amurath. Cantimir. Ducas en fait mention, & rapporte que leSultan étoît à peine de retour á Andrinople de son expédition contre Caraman , qu’ílreçut la nouvelle que son fils Aladìn , Gouverneur d’Amasie, & qui s’étot trouvé à la pri-se de Cogni, étoit mort; c’étoit un jeune Prince de dixhuitans, fort bien fait & vaillant;que peu après dans une assemblée des Grands, il résigna l’Empíre à son fils Mahomet &fe retira à Pruse. [M. D'ílerhelot, Libl. Orient, p. C24. parle auflî de cette preiniere ab-dication à'Amurath , mais j’avoue qu'elle me paroît fort suspecte par deux raisons. Lapremiere, qu’il s’écoula si peu de teins entre la conclusion & la rupture du Traité avecle Roi de Hongrie, qu’il est difficile de comprendre qu’ Amufatk ait pu avoir eu le temsd’execliter le dessein d’abdiquer l’Empire, en supposant qu’il l’eût formé. En second lieu,ce qui fait douter que ce Monarque ait conçu un pareil dessein en ce tems-Ià, c’est l’étatoù étoit l’Euipire & la grande jeunesse de Mahomet. Quoiqu’il y eût une treve conclueavec Laiiflas, plusieurs autres Puissances étoient encore en armes, & Mahomet ne pou-voìt avoir tout au plus que treize ans, puisque d'Herhelot & Cantimir placent cette ab-dication en l’an 847 de l’Hégire„ & la mort à'Amurat en 855, & pour lors Mahometavoit, difent-ils, vingt-un an ; il n’y a donc gueres d’apparence que le Sultan ait remis enun tems de crise les rênes de I’Empire entre de si jeunes mains, d’autant plus qu’étant nésuivant Cantimir l’an 838, il ne pcmvoit même avoir encore douze ans accomplis, il essvrai qn’ Amurath abdiqua réellement un ou ou deux ans après, tems auquel Mahomet étoit•bien jeune; maU outre qu’àcet âgo-là un an ou deux font beaucoup fur un Prince, M(>bomu avoit donné déja dans l’expédicion d’Albanie des preuves de ce qu’il servit dans i*fuite. [íi£M. du Titan }