MAHOMET II. SEPTIEME SULTAN. 50IJanissaires. Quand il arriva à la grande Eglise, il fut étonné de voir I’é- Section îtat où elle étoit. Ayant apperçu un Turc qui rompoit du marbre dont elle _ I.étoit pavée, par zele de Religion difoit-il, Mahomet tiranç son épée l’en fafiu'à lufrappa, en lui disant, conîente-toi du butin, les Bâtimens m appartiennent. U Constan-ordonna ensuite à un de ses Prêtres de monter en chaire & d’y lire les prie- tinople. ,res. Lorsqu’il fut sorti de l’Eglise, il fit amener le Grand-Duc devant lui, ———-& lui dit qu’il voyoit les suites du refus qu’ils avoient fait de rendre la ville.
Le Grand-Duc lui répondit: Seigneur , il n étoit pas en mon pouvoir ni en celuide f Empereur de vous livrer la ville, S je ri avois garde de le faire dans un temsoù vos Officiers lui mandaient de tenir ferme, que vous ne pourriez jamais le ré-duire. Cette réponse augmenta les soupçons & la haine que Mahomet avoitdepuis longtems contre Hali Bacha (*). II demanda si TEmpereur s’étoitsauvé furies Vaisseaux, le Grand-Duc répondit qu’il n’en íàvoit rien,parcequ’il gardoit la Porte Royale. A fheure même deux jeunes soldatssortirent du camp, & l’un d’eux dit au Sultan qu’il avoit tué TEmpereur,
& f autre dit qu’il lui avoit donné le premier coup (f). Mahomet leur com-manda d’aller le chercher & de lui apporter sa tête, ce qu’ils firent, & leGrand-Duc la reconnut. Alors on la cloua au haut de la colomne de l’Au-gusteon, où elle demeura jusqu’au soir. On en ôta ensuite la peau, que l’onremplit de paille, & que l’on porta comme un trophée aux Princes des Per-ses, des Arabes & des autres Turcs.
D’autres disent que le Duc se cacha avec Orchan , & d’autres períonnes Orchande condition,dans une tour, qu’ils rendirent. Ayant été envoyés a bord est tué, <û?d’un Vaisseau, un Romain pour obtenir là liberté les découvrit au Pilote , le s í il / a . nqui coupa fur le champ la tête à Orchan habillé en Moine, & la porta au Granit-*Sultan, à qui il mena le Grand-Duc (J) ; le Sultan le consola, commanda Due.qu’on allât chercher fa femme & ses enfans dans le Camp & fur la Flotte;quand on les eut amenés il leur donna à chacun mille aípres, & en les ren-voyant dans leur maison, il dit au Grand-Duc qu’il lui donneroit le Gou-vernement de la ville, &l’éléveroit à de plus éminentes Dignités que cellesqu’il possédoit sous TEmpereur. Ayant appris de lui le nom des principauxOfficiers & des autres personnes les plus considérables de la Cour, il les fitchercher, & paya mille aspres pour chacun d’eux (§) (a). Telle est la Re-
la-
(jij Ùucas, Cb. XL.
(') H le fit mourir peu aprés & se saisie de ses richesses. Chalcondyle le nomme Chatiteîfils de Priam. L. Vill. Ch. 8.
(!) L’Auteur a dit plus haut, que ni l’un ni I’aucre ne favoit que c’étoit TEmpereur, &Chalcondyle rapporte qu’aucun des Janissaires lie put rien dire de certain touchant fa mort;que Ton jugea feulement qu’il avoit été tué après d' une des portes, ayant régné trois ans& trois mois. L. VIII- Ch. 6.
(X) Chalcondyle rapporte que Notaras , c est le nom quil donne au Grand-Duc, seretira avec Orchan dans une tour pour délibérer fur ce qu’ils avoient à faire; çyïOrch mpeát-fils de Musulman , ayant pris un habit de Moine, voulusse jetter du haut en bas.mais qu’ií* se tua. Que Notíitcii Ët mine de se défendre, mais íe rendit, & s’échappaalors avec ses fils. idem ibid.
Q) Plusieurs Vénitiens de qualité, qui étoíent arrivés à Constantinople un peu avantle Jiege, toœberent entre les mains des Turcs, mais le Sultan les mit tous en M bet-
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