Í4S3 50 L HIST. DE L’EMPIRE OTHOMAN. Liv. XVIIL Chap. Vlir.
Section lât'ion que les Auteurs Grecs nous ont donnée de la prise de Constantinople*1, 1 voyons à-présent ce que les Turcs eux-mêmes en disent.prise de la R cs Chrétiens accablés & épuisés de travaux, & réduits à un petit nom-Constan- bre, voyant leurs murailles ouvertes pa'r-tout, leurs batteries démontées,&tinople. la ville étroitement bloquée par mer & par terre, & étant fans espérance*■ 1 de secours, envoyerent des AmbaíTadeurs au Sultan pour se rendre aux con-4cs Turcs Citions voudroit. Mahomet les reçut avec toute forte de civilité, pro-" urcs ‘ mit la vie & les biens saufs aux habitans, avec la liberté de.se retirer où ilsvoudroient, après quoi il les renvoya. Mais avant qu’ils eussent atteint lesmurailles, le Sultan fit courir après eux, pour leur communiquer quelquechose qu’iî avoit oublié de leur dire. Les Sentinelles appercevant de dessusles remparts les Turcs qui cour oient à toute bride après les Ambassadeurs ,s'imagineront qu’ils avoient dessein de surprendre la ville & d’y entrer aveceux , & firent feu sur eux pour les empêcher d’approcher. Les Turcs sur-N pris & voyant leurs gens blessés, sonnent la retraite, & vont en donner a-
vis au Sultan. Mahomet se figure que les Grecs se repentent de leur con-vention , & qu’ils tirant fur se» gens par haine, il ordonne à ses Troupesde se tenir prêts pour aller détruire ces perfides ennemis. D’autre part,les Sentinelles ayant rapporté à l’Empereur que les Turcs avoient essayéfrauduleusement de surprendre la ville, & qu’ils approchoient, il comman-da aux siens de faire les derniers efforts pour la défense de leurs murailles.Là-dessus on en vient aux mains, le combat s'anime,-A le sang coule detoutes parts. Mais tandis que du côté de terre-ferme les Grecs font desprodiges & repoussent l’ennemi , ceux qui font chargés de défendre lePort ne peuvent tenir contre les traits des assaillans, & laissent entrer lesTurcs dans la ville.
En vain l’Empereur Grec combat vaillamment, faisant l’office tantôt deGénéral, tantôt de Soldat & se portant par-tout pour animer les siens par faprésence, il est tué. Son corps après qu’on lui eut coupé la tête, fut trou-vé auprès de celui d’un simple Enseigne, & l’endroit en retient encore au-jourd’hui le nom de Sanjakdar Tokushi (*).
Ceux qui défendoient encore courageusement les remparts contre lesTurcs, apprenant ce qui se passoit, arborèrent sur la muraille le drapeaublanc, «St se mirent à crier de dessus les remparts: ,, Où est donc lacrain-„ te de Dieu! quoi! ne craignez - vous point de f irriter en rétractant Ja„ parole que vous. nous aviez donnée? Les deux Empereurs.font d’accord,„ «St on est convenu de rendre la ville. Cessez de combattre, & n’atta-„ quez plus ceux qui se sont engagés d’être à l’avenir vos Sujets.” Maho-met , qni peut-être ignoroit en quel état étoient les affaires au Port, n’en-iendit pas plutôt ces paroles, qu’il fit cesser le combat; il ratifia les prémic-es conditions, & promit de s’y tenir, ainsi cette autre partie de Ja ville &rendit volontairement.
Le
té, à la réserve du Baile de Venise, qa’ìl fit mourir eu sa présence. ChahonMe. I»
VIII. Cb. <5.
(*) C’esl une éminence au haut de laquelle est ure Eglise dédiée à la Ste. Vierge, 1*«fcuie des anciennes Eglises que le# Turcs ont laiffée aux Chrétiens. Casimir.