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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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576 HIST. DE LEMPIRE OTHOMAN. I.iv. XVIII. Chap.X.SEcrioN Troupes aussi nombreuses & aussi bien disciplinées avec le peu de forcesII. quil avoir, qui fe réduifoient à douze-mille Mamlucs, avec leurs serviteursConquête a rmés, mais de fe retirer à Damas: que il auroit le teins daugmenterfondei Egyp. arm g e (j es Troupes des Garnisons, avant que les Turcs avec le pesant atti-rail quils menoient à leur fuite pussent arriver ; & qu'en traînant ainsi laguerre en longueur jufquà lHiver, il mettroit f ennemidan; '"embarras parle manque de vivres, & donneroit aux Persans le tems de venir le joindre,pendant que lon pourroit aussi faire venir du canon de Rhodes & de Chypre.Ordre de Cansu étoit assez dispose à suivre ce conseil , mais limprudente opiniâ-bataille, xx-Lté des Mamlucs, qui ne refpiroient que le combat, & les perfides avisâe Kayer Bei, Gouverneur dAlep, lui firent prendre un autre parti. Cetraître étoit ennemi secret de Gauri , parce quil avoit empoisonné sonfre-re quelques années auparavant. Le Sultan savança donc , & vint camper àdix milles dAlep fur le bord de la Riviere deSinga (*). II partagea son ar-mée en quatre Corps ; le premier commandé par Kayer Bei., parceque la/ guerre fe faifoit dans fa Province ; le second étoit fous les ordres du vail-

lant Sibes, Gouverneur de Damas, surnommé Balvan ou k Sauteur à cau-se de son agilité. Gazel Bey conduifoit le troisième pour soutenir les deuxpremiers au besoin, & Cansu couvert darmes dorées marchoit en personneà la tête du quatrième. De lautre côté, Selitn mit la Cavalerie Asiatiqueà laile droite, lEuropéenne à la gauche , les Janissaires & lartillerie aucentre: il posta devant eux entre les deux ailes, ses braves Gentilshommes,«St contre fa coutume voulut combattre avec eux.

Aussitôt que Kayer Bei approcha de lennemi, il chargea la Cavalerie Eu-ropéenne , «St dabord, comme s'il eût eu dessein denvelopper cette aile , iltourna vers la queue, & fondit fur les Vivandiers «St autres gens qui suiventles camps, «St se vanta davoir fait un grand carnage. De lautre côté Sibes,au - lieu dattaquer laile droite de front, la prit en sianc avec ses Mam-lucs', fit un horrible carnage de la Cavalerie Asiatique, & pénétra mê-me jusquà sétendard. Ayant ainsi rompu cette aile en deux, «St sétant avan- de front & en queue des Gentilshommes, il répandit la terreur dans lecentre ; car Se H m le trouvant ainsi coupé de ce Corps, fur lequel il son doitses principales espérances, se vovoit dans un danger éminent dètre défait ;dautant plus encore que dans le même tems le fìdele Gazel Bei chargea lesJanissaires avec furie ; car ayant secondé le dessein de Sibes, il avoit atta-qué lennemi de front. La Cavalerie Asiatique rompue, & en partie tailléeen pieces, ne pouvoit aussi fe rallier & revenir à la charge.

Les Mam. Dans cette extrémité, Sìnan Pacha savanya avec fa Cavalerie, ce qui encou-rs 5 font ra g ea extrêmement les Turcs à continuer le combat, & lartillerie de Selitn a- s ' yant en même tems joué fur les Mamlucs, fit un grand carnage parmi leursTroupes : bien que Kayer Bei les eût abandonnés, ils ne perdirent ni le courageni la tête, mais sétant serrés en un Corps ils se firent jour au travers des en-

ne-

(*) Par le Sìnga il faut entendre la Riviere d'Alep, appcliée Kowih ou Kaïk. Car le Stn-est à soixante-dix ou quatrevingt milles au Nord. II ny a rien qui mette plus de con-fusion dans lHistoire, que quand les Auteurs employeur les anciens noms des lieux, dontils ignorent souvent la situation, au lieu de se servir des noins modernes.