ïS29-
Section
I.
PiiJ: t: (hRhodes,(ìege deVienne,
Défaite deFerdi- <nand.
93 S.
1532-
Prèpai’a-tífs en AIiemagne.
610 HIST. DE L’EMPIIIE OTHÒMAN. Liv. XVIII. Chap. XLger Bade, & l’attaqua pendant vingt-fept jours avec toutes ses Troupes.Les Janissaires, qui y étoient en Garnison, se défendirent courageusement,& donnerent le tems à Mehsmsd Beg , fils de Tahiti Pacha, Gouverneur deSémendrie, d’accourir au secours de la place avec les forces de son Sanjacat;mais se sentant trop foible pour tenter une bataille, il fit accroire à quel-ques prisonniers qu’il étoit Ibrahijn Pacha, Grand-Visir, & que le Sultanfui voir de près, &seroit dans trois ou quatre jours en personne dans le campavec le reste de l’armée. Quand il crut que ce bruit avoit assez gagné, il leslaissa échapper; ils se rendirent au camp des Chrétiens, où ils répandirentla terreur par leurs fausses informations, désorte que l’on prit le parti de laretraite (*), en abandonnant le canon <$c le bagage.
Soliman voulant se venger de l’affront de cette attaque, fit tine irruptionfur lès Terres de Ferdinand en 938, à la tête dune nombreuse,, armée ,&mittout à feu & à sang. Ferdinand vint avec une belle armée présenter le com-bat au Sultan ; la bataille se maintint longtems avec une égale vigueur, maisà la fin Ferdinand fut mis en déroute, & ce Prince se sauva à Gradisca (f)lieu de sa résidence : cette victoire ajouta non seulement plus de vingt vil-les ou bourgs à l’Empire Othoman, mais intimida tellement les petitsPrinces des Esclavons & des Iiirvates (J), qu’ils se soumirent volontaire-ment à Soliman ( a ).
Les Historiens Chrétiens racontent toutes Tes circonstances de cette ex-pédition d’une façon si différente, qu’il semble qu’il soit question d’un toutautre événement. Soliman, disent-ils, ayant fur le cœur ì’affront qu’il a-voit reçu devant Vienne, & sollicité continuellement par Jean Roi de Hon-grie, assembla une puissante, armée, d’abord après la circoncision de ses fils.Le Roi Ferdinand, qui appréhenda qu’elie ne fût destinée contre lui, envo-ya des Ambassadeurs à Soliman, qui étoit en Servie, pour traiter de paix ;mais il ne put obtenir de réponse. Dans ces entrefaites Clmhquínt , qui é-toit alors en Allemagne, prenant les-choses à cœur, se disposa à lever leplus de Troupes qu’il pourroit en Allemagne, en Espagne & en Italie. LeRoi Jean, quand il vit l’armée Othomane proche de Sémendrie, crut l’oc-
ca-
Oi) Catitimir , T. II. p. 307-309.
(*) Quelques Historiens Turcs, ruais de peu d’autorîté, racontent îa chose d’urre au-tre maniéré. 11 s disent que les Turcs étant forcés d’abandonner Utt boulevard, les Al-lemands entrerent en foule par une des portes, ce qu’appercevant une Juive, elle déchi-ra ia manche de fa chemise, & rallumant au-lieu de meche, elle mit le feu â un gros ca-non, qui sit un fi terrible fracas au travers des Allemands, qu’ils lâchèrent le pied, &íbnnerent îe tems aux Turcs de se reconnaître, & de se mettre de nouveau en postu-re de défense. Soliman en mémoire de cette action déclara la Juive avec toute sa fa-mille exemte de tribut, & fit mettre autour du canon un cercle d’argent en forme deCouronne. Cantmir,
(t) Ville célébré d’EscIavonie. Nous ne lisons dans aucun Ecrivain Chrétien que Fer-iinanu y ait jamais fait fa résidence; ainsi c’eíì selon les apparences uue erreur des Turcs.
iìnanu y ;
C’esiL la tnûme Nation comprise sens ces deux noms. Toutefois les Turcs nommentllirváta ceux qui font fous ['obéissance des Chrétiens òc ceux qui ont embrassé le Maho-aiétiime ou dépendent des Othomans, Setbwìq , qu Peuples ries frontières. Lanttimr.