6i6 HIST. DE L’EMPIRE OTHOMAN. Lit. XVIII. Chap. XI.
Ss/noN „ encore fait perdre la vie à plusieurs Musulmans. II ajouta que selon laII. ,, Loi de Mahomet ils étoient tous dignes de mort, mais que par un eíFetExploits (L fa clémence il vouloir bien leur laisser la vie & la liberté, à condi-ro u ss ar oJ‘ „ tion qu’ils lui remissent les trésors de leur dernier Prince.” Les misera-d *Doria blés Moldaves n étant pas en état de rien refuser, le Desserdar avec une&c. Compagnie de Janissaires entra dans la ville, & enleva le Trésor public à■ — celui du Prince; Argent monnoyé, Diadèmes précieux, Sceptres,Croix,Lmages sacrées (*) ornées de pierreries, tout passa entre les mains de Soli-man , qui en disposa à son gré, & reprit la route de Constantinople. Sur saroute en passant par les ruines de Kili, il ordonna de la rebâtir ; & commel’on manquoit de bois dans ces quartiers, il voulut qu’on y employât celuiqui avoit servi au pont qu’il avoit jette' sur le Danube.
Flottes Dans ces entrefaites, Khairo'ddin (f) rencontra par hazard la Flotte desChrétien. Chrétiens près de l’Iíle de Candie; elle étoit composée de trois-cens Voiles;/m bit ' H l’attaqvia, & après un combat des plus opiniâtres, il coula à fond la plupartdes Vaisseaux, & se rendit maître des autres. Le lendemain il trouva uneautre Flotte des Chrétiens fous les ordres d 'Andravïrius (j), quoiqu’elle fûtdans le Port de Prevesa, il f attaqua courageusement : les Chrétiens avoiencfavantage de la place, auíîì se comporterent-ils avec valeur, & rendirentlongtems la victoire douteuse, mais à la fin il fallut céder à la force ; ils seretirerent à la faveur de la nuit, laissant quelques-uns de leurs Vaisseaux enproye à f Amiral des Turcs. Mais il ne fut pas sitôt parti, qu ’Andravïriusassiégea Novi, &s’en étant rendu maître il fit passer tous les Mahométansau fil de fépée. Ce fut un triomphe de peu de durée, car Tannée suivanteKhairoddîn s’étant remis en mer avec une nouvelle Flotte reprit Novi, &vengea le massacre des Mahométans par celui de tous les Chrétiens qui s’ytrouvèrent, fans distinction d âge ou de sexe (a). Tel est le récit des Turcs,voyons ce que disent les Historiens Chrétiens.
Barbe- Le Sénat de Venise se voyant vivement attaqué par les Turcs, se liguarousse at- contre eux avec TEmpereur Charlequìnt & le Pape Paul III. La Flotte deuiçue la ì’Empereur, composée de quatrevingt-deux Galères, étoit commandée par Do-Canée * ria ; celle des Vénitiens, également forte, étoit fous les ordres de Capello ; &Grìmanì , Patriarche d’Aquilée, commandoit les Galères du Pape. Ferdinand
de
Qá) Cantimir. T.II. p. 3 ZI > 3 22 -
tement del’Etat. KìU est l’ancienne Lyco/ìomt?; les Moldaves l’appellem Cilla. Cette vifle est située au Nord de la plus grande embouchure du Danube. Cantimir.
(*) Ceci doit être certainement tiré de quelque Auteur Moldave , & non d’un Histo-rien Turc, du-moins faut-il qu’il y ait des mots d’ajoutés, & q.ue le Traducteur ait chan-gé le tour d’expreíìîon.
(t) On ajoute dans l’original, au retour de son expédition dam le Royaume cl'Temcn ; maiscomment a-t il pu en Ce cas-là se trouver dans la Méditerranée fans avoir fait le tourde l’Afrique ? C’est-là une nouvelle preuve qu’il ne fut pas avec Solimm Pacha dél’expédition des Indes.
(|) Ce doit avoir été un Général Chrétien, dont le nom est corrompu par les Turcs;je n’ai pu découvrir son vrai nom. Cantimir. Ce Général étoit le fameux André Duria ,Génois, que Paul J ove nomme Auria\ il étoit au service de TEmpereur d’Allemagne,dans lé tems dont il s’aglt ici.