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il dérivants s'efforcèrent d’accréditer et d’inculquer à lajeunesse la doctrine de la souveraineté du peuple ,source d’où émaneroit tout pouvoir légitime. Cettedoctrine admet un fait que ses partisans conviennentcependant n’avoir jamais existé, savoir un acte parlequel le peuple auroit délégué l’exercice d’une partieeu de la totalité de scs pouvoirs ; elle légitime le despo-tisme partout ou elle le trouve établi de fait ; elleconduit à l’anarchie, parce que tout pouvoir déléguépeut être retiré et que le peuple souverain n’a pudépouiller les générations suivantes de leurs droitsnaturels et imprescriptibles.
La doctrine nouvelle fut accueillie dans des pays quiavoient su se prémunir contre le poison de l’Irréligion.Elle trouva surtout des partisans en Allemagne , oùelle parut à beaucoup de personnes le complément dela réforme du seizième siècle, qu’on regardoit comme1 époque de la liberté religieuse. Les journaux litté-raires de ce pays la répandirent sous toutes les formes ;elle devint dominante dans les.maisons d’éducation etdans les universités ; plusieurs souverains, flattés deséloges que leur prodiguoient les philosophes , lui ren-dirent hommage. Le moment arriva où ses adhérenscrurent les esprits assez préparés pour commencer àmettre le nouveau système en pratique. Un professeurd’Ingolstadt en Bavière , Adam PVcishaupl , fondaun ordre scci’et, dit des Illuminés , lequel, enté sur lerit de la société des francs-maçons et sur la disciplineusitée dans l’institution des Jésuites , professa en appa-rence l’amour de la vérité et de la vertu , la haine despréjugés et du despotisme 1 , mais initia ses adeptes
1 II sera probablement superflu de dire que les illumines “n'ontrien de commun avec les visionnaires dont parle Mirabeau dans sououvrage sur la monarchie prussienne. Trouvant celle-ci en Alle-magne , et entendant parler en même temps des illumines qu’on ve-noit de découvrir à cette époque , il confondit les deux sectes , etnomma illuminés une classe de fanatiques qui professoient d autreserreurs, mais dont la croyanee s’écartoit absolument de celle desilluminés. L’erreur de Mirabeau s’est perpétuée dans beaucoup delivres franqois.