224 :
PÉRIODE IX.
freft versementdu systèmede l'équilibrepolitique.
Le système dé l’équilibre politique, imaginé au quin-zième siècle, assis sur l’existence du corps germaniqueet consolidé par les traités de Westphalie et d’Utrecht fut renversé dans cette période par la France . Deuxcauses précipitèrent sa chute. La violation des principesqui en formoient la base, par les trois puissances qui,en partageant la Pologne , avoient établi la convenanceà la place du droit et de la justice, et donné un exempledangereux pour leur propre sûreté, fut une de cescauses. La sécurité dans laquelle la durée de ce sys-tème même avoit plongé les cabinets, en leur per-suadant que le projet de fonder une monarchie uni-verselle, étoit désormais devenu chimérique, fut laseconde. Ce projet s’exécuta lorsqu’on ne s’y attendoitplus ; il est vrai qu’il parut sous une forme nouvelle.L’homme ambitieux qui l’imagiiia, lui donna le nomde système fédératif. Dans son plan, les divers étatsde l’Europe dévoient conserver une apparente indépen-dance pour tout ce qui ne contrarioit pas ses vues ; maisleur politique devoit être subordonnée à la sienne et enrecevoir l’impulsion. Ainsi il entreprit de conquérir lemonde avec les forces et les ressources des états fédérésqui étoient obligés d’épouser ses querelles et de fairecause commune avec lui contre tout ce qui ne se sou-mettait pas volontairement à sa domination ou à celledes membres de sa famille qu’il prétendoit placer,comme ses vassaux, sur les plus anciens trônes dumonde.
A ce système il en joignit un autre qu’il appeloitcontinental. Il tendoit à exclure la Grande-Bretagnede tout commerce avec les autres états européens. C’estpar ce moyen qu’il prétendoit enlever à cette puissancel’empire des mers dont elle s’étoit emparée pendant lestroubles de la France , anéantir son commerce, tarirles sources de ses richesses, ruiner sa marine, et bou-leverser même la constitution à laquelle la nation an-gloise attache son bonheur et sa gloire. S’il étoit possiblede mettre à exécution ce projet, une de ses suites seroitnécessairement l’appauvrissement du continent.